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a pilule a du mal à passer. A quelques jours de Choose France, le grand raout versaillais d’Emmanuel Macron visant à promouvoir l’attractivité de la France, Sanofi a annoncé, mercredi 14 mai, son intention d’investir « au moins 20 milliards de dollars [17,8 milliards d’euros] » d’ici à 2030 aux Etats-Unis, à la fois en production et en recherche.

Pour la France, qui mise sur le crédit d’impôt recherche afin de conserver ces activités à haute valeur ajoutée, cela s’apparente à une provocation. Furieux, le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis Fabien Gay, rapporteur de la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux grandes entreprises, rappelle qu’« en dix ans, Sanofi a obtenu plus de 1 milliard [d’euros] de crédit impôt recherche ».

A Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 17 octobre 2024. MICHEL EULER / AP

De son côté, Eric Lombard, le ministre de l’économie et des finances, auditionné jeudi 15 mai par cette commission d’enquête, a plutôt cherché à défendre le laboratoire. Tout en déplorant le choix du premier investisseur privé dans l’innovation en France, il a insisté sur le fait que les pays se livrent une compétition féroce afin de relocaliser chez eux l’industrie pharmaceutique, et que lui-même tente de convaincre des industriels chinois de s’implanter dans l’Hexagone. Cette clémence laisse espérer que Sanofi, qui vient d’inaugurer une « unité d’excellence en R&D » sur les vaccins à Marcy-l’Etoile (Rhône), prépare d’autres investissements importants en France.