Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie française Économie française Économie française Tribune Antoine Jourdan Doctorant en histoire économique à l’EHESS Eric Monnet Economiste Laurent Warlouzet Historien Dans une tribune au « Monde », les chercheurs Antoine Jourdan, Eric Monnet et Laurent Warlouzet réfléchissent, à l’occasion des 80 ans de la création du Commissariat général au plan, à l’avenir de la planification française et soulignent la nécessité de porter une attention particulière aux secteurs amenés à disparaître. Publié aujourd’hui à 08h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés L’année 2026 marque le 80e anniversaire de la création du Commissariat général au plan par le général de Gaulle. Au sortir de la seconde guerre mondiale, alors que l’appareil productif français est à reconstruire, l’Etat se dote d’une administration chargée de coordonner ses actions et de penser le temps long. Cette expérience nous enseigne que l’efficacité d’une politique planificatrice dépend non seulement de la mobilisation de l’appareil productif national, mais aussi dans sa capacité à faire des choix. Elle doit autant décider de ce qui doit advenir que de ce qui doit disparaître. Or, si les récentes crises mondiales – sanitaires, énergétiques, écologiques… – ont conduit à prioriser certains secteurs, le choix plus difficile des secteurs à désavantager reste largement à faire. Pourtant, vu l’ampleur des transformations et la rareté des ressources – financières, mais également matérielles et humaines –, nous ne pourrons pas en faire l’économie. Planifier, c’est aussi choisir des secteurs perdants. La planification démocratique qu’il faut bâtir devra organiser l’implication citoyenne dans ces choix difficiles. Et planifier la transition professionnelle pour que personne ne soit perdant, même depuis les activités et secteurs qui doivent s’estomper, est essentiel pour susciter l’adhésion à l’action de l’Etat. Face aux pénuries de l’après-guerre, l’équipe de Jean Monnet (1888-1979) avait identifié six « secteurs de base » concentrant l’essentiel des efforts. L’utilisation de l’aide américaine du plan Marshall reflète ce choix : entre 1948 et 1950, environ 85 % des fonds sont orientés vers les secteurs de base, 75 % vers les seules quatre grandes entreprises nationalisées (Charbonnages de France, EDF, GDF, SNCF). Ces secteurs étaient retenus autant pour leur production que pour leur apport aux équilibres macroéconomiques. Ainsi l’agriculture a-t-elle été choisie principalement pour compenser par ses exportations le déficit de la balance commerciale industrielle. Il vous reste 67.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.