Ce morceau né à Broadway dans l’entre-deux-guerres entre dans la légende quand il est susurré en 1959 par Marilyn Monroe. Celle-ci campe alors l’inoubliable Sugar dans le film de Billy Wilder, rediffusé ce jeudi à 20h50 sur Ciné+ Classic. Marilyn Monroe bouscule un classique du répertoire musical américain dans cette séquence culte de « Certains l’aiment chaud » (1959). Metro-Goldwyn-Mayer Studios Par Chloé Delos-Eray Publié le 25 juin 2026 à 21h00 Elle apparaît comme un ange, auréolée d’un rayon de lune artificielle. Cheveux blonds relevés en un coiffé-décoiffé élaboré, poitrine à peine contenue par un décolleté risqué dont les brillants rappellent ceux qui lui pendent aux oreilles. Marilyn Monroe nous regarde et nous dit qu’elle voudrait qu’on l’aime. Rupture sensuelle du quatrième mur, cette scène en noir et blanc imaginée par Billy Wilder pour Certains l’aiment chaud (1959) est peut-être — avec le festival de fuchsia des Hommes préfèrent les blondes (1953) — l’une des plus mythiques de la filmographie de Marilyn qui bouscule, ici aussi, un classique du répertoire américain. I Wanna Be Loved by You naît dans l’entre-deux-guerres à Broadway, sous la plume des auteurs du musical Good Boy. C’est Helen Kane, la brune qui inspirera le personnage de Betty Boop, qui le popularise. Son appropriation jazzy du « baby talk » et de l’interjection « Boop-Oop-a-Doop » — piquée aux artistes noires Baby Esther et Gertrude Saunders — donne au morceau une texture juvénile et joviale. Cet héritage scat vole en éclat dans la version susurrée de Marilyn, femme fatale bien malgré elle. Peut-être qu’un autre message s’y cache, même : pendant un court instant, le spectateur oublie que Sugar, le personnage d’alcoolique amoureuse de l’amour qu’elle joue, se languit du millionnaire croisé sur la plage. C’est Norma Jean elle-même qui l’apostrophe et le prie de lui donner un peu de tendresse. À lire aussi : Drôle, intello et perfectionniste : Marilyn Monroe, bien plus qu’un sex-symbol Soit une mise en abîme tragique, entérinée par une scène de Blonde (2022), le biopic de la star, et par les reprises ironiques du titre : dans le trailer du film d’horreur Pearl (2022), parcours d’une graine de star aux tendances psychopathes ; dans un épisode de Nip/Tuck, qui voit les chirurgiens augmenter la poitrine d’un sosie de Marilyn ; dans un épisode d’Euphoria, où Cassie (Sydney Sweeney) s’initie aux us et coutumes du réseau social pornographique OnlyFans — et Rue (Zendaya) de la décrire, grinçante de cynisme, comme le pur produit d’une société qui n’a de cesse d’objectifier ses icônes : « Belle, mais sans repères. Tellement avide d’attention qu’elle est prête à s’humilier. » CQFD. Ou comme dirait l’autre : « Boop-Oop-a-doop ! » À lire aussi : Marilyn Monroe, icône éternelle : notre top dix de ses meilleurs rôles Cinéma Télévision Marilyn Monroe Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
“Certains l’aiment chaud” : et Marilyn rendit mythique la chanson “I Wanna Be Loved by You”
Ce morceau né à Broadway dans l’entre-deux-guerres entre dans la légende quand il est susurré en 1959 par Marilyn Monroe. Celle-ci campe alors l’inoubliable Sugar dans le film de Billy Wilder, rediffusé ce jeudi à 20h50 sur Ciné+ Classic.








