Aleksandra Radenovic, professeure de la Faculté des sciences et techniques de l'ingénieur de l'EPFL ont reçu un Advanced Grant du Conseil européen de la recherche (ERC).La professeure Aleksandra Radenovic, qui dirige le Laboratoire de biologie à l'échelle nanométrique (LBEN), a obtenu la subvention pour son projet NEON (Building Scalable and Sustainable Neuromorphic Architectures with Bio-Solid-State Nanopores).Le Conseil européen de la recherche (ERC) a annoncé les projets scientifiques qui bénéficieront des toutes dernières bourses «Advanced Grants», dans le cadre du programme Horizon Europe de l’Union Européenne. Le financement, d'un montant total de 840 millions d'euros, sera attribué à 319 chercheuses et chercheurs dans toute l'Europe, dont neuf scientifiques de l’EPFL. Chaque bourse couvre jusqu’à 2,5 millions d’euros par projet pour une durée maximale de 5 ans.Les subventions ERC Advanced Grants sont accordées chaque année à des scientifiques établis et de premier plan pour financer à long terme des projets de recherche « révolutionnaires et à haut risque » dans n'importe quel domaine. La professeure Radenovic a également reçu un financement ERC Advanced Grant en 2021 pour le projet 2D-Liquid (2D material interactions with liquids probed with nanoscopy tools.)Résumé du projet Dans le cadre du projet NEON, nous ouvrirons la voie à des architectures neuromorphiques durables en intégrant des nanopores biologiques et à l’état solide dans des plateformes informatiques à base d’ions évolutives. En associant la détection moléculaire au calcul « in materia », NEON effacera la frontière traditionnelle entre l’acquisition et le traitement des données. Nous tirerons parti de la précision atomique et de l’adaptabilité des pores biologiques, ainsi que de la robustesse, de l’adressabilité et de la fabricabilité à l’échelle de la plaquette des dispositifs à l’état solide, pour construire les premiers circuits iontroniques hybrides capables d’apprendre, de s’adapter et de prendre des décisions locales. Les pores biologiques ne pouvant à eux seuls constituer des réseaux vastes et reconfigurables, nous utiliserons des nanopores à l’état solide comme plaque d’essai programmable à l’échelle de la plaquette pour y intégrer des bio-pores et prototyper rapidement des architectures de réseau. Ce double rôle nous permettra d’abord d’optimiser les réseaux en semi-conducteurs et, lorsque les limites de miniaturisation ou de connectivité seront atteintes, d’utiliser les capacités uniques des pores biologiques. En regroupant la détection et le calcul, nous éviterons une numérisation et un transfert de données coûteux et exploiterons la riche physique multi-ionique des nanopores pour une classification native des caractéristiques. La poursuite de mises en œuvre à la fois assistées par CMOS et entièrement iontroniques réduira les risques liés au développement et démontrera que les réseaux à base d’ions peuvent répondre à des besoins concrets. NEON est par nature interdisciplinaire : il réunit la nanofluidique, l'informatique neuromorphique, la biodétection et l'ingénierie des protéines au sein d'une démarche intégrée qui englobe la physique, la chimie, la science des matériaux et la biologie. Les plateformes qui en résulteront apporteront une valeur ajoutée à ces domaines en permettant une biodétection programmable à haut débit, la conception de pores protéiques ajustables et la mise au point de matériel iontronique évolutif destiné à l'informatique neuromorphique de nouvelle génération.