Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Récits francophones Récits francophones Récits francophones L’auteur de « Baleine », mort en 1956, évoque ses rêves, ses douleurs ou ses lectures dans ces carnets à propos desquels il réfute le qualificatif de « journal intime ». Article réservé aux abonnés « Carnets. 1937-1947 », de Paul Gadenne, préface de Didier Sarrou, Instants, 958 p., 35 €. Il paraît qu’à la Toussaint la ville de Vence (Alpes-Maritimes) fleurit, avec celles des autres « célébrités » de son cimetière, la tombe de Paul Gadenne. Sauf qu’il ne s’agit que d’un homonyme. L’écrivain (1907-1956) repose à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), où il est mort des suites de la tuberculose dont il souffrait depuis 1933. La méprise illustre assez bien le sort que la postérité a réservé à l’auteur de Siloé ou de L’Invitation chez les Stirl (Gallimard, 1941 et 1955). Si son œuvre a été remarquée, elle reste pour une part méconnue. Pourtant, depuis les années 1980, rééditions et publications posthumes se sont succédé. Beaucoup ont découvert Gadenne avec Baleine, ce très court texte devenu culte, paru en 1949 dans la revue Empédocle et repris en 1984 par Actes Sud, où deux amants contemplent la carcasse d’un grand cétacé échoué sur une plage. Les Editions des Instants continuent la publication des Carnets de Paul Gadenne. Après Le Long de la vie (2022), qui rassemblait ceux écrits entre 1927 et 1937, paraît aujourd’hui un deuxième volume qui couvre la décennie suivante, période littéraire intense puisque s’y succèdent la parution de Siloé, l’achèvement de l’écriture et la publication du Vent noir (Julliard, 1947), l’envoi de Baleine, la mise en chantier de La Rue profonde (Gallimard, 1948), de L’Avenue (Julliard, 1949). Et aussi ses poèmes, un essai à venir sur Kafka, un autre sur Montherlant. Tout cela se trouve charrié, emporté, dans le flux incessant d’un quotidien tourmenté. L’exode a conduit Gadenne à Bayonne. Il est là-bas avec ses parents, harcelé par sa logeuse qui éprouve pour lui une passion névrotique. Le bruit l’insupporte, la maladie l’épuise, il s’empêtre dans des amours compliquées, éprouve des doutes profonds, un sentiment de terne solitude, mais, tout autant, se laisse aller à une douceur contemplative, à des émerveillements légers. Il raconte ses rêves, ses cauchemars, il lit beaucoup, se fait critique exigeant, alterne réflexions, dialogues, ébauches, interroge la foi, cultive l’« intensité de la vie intérieure ». Il vous reste 39.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le deuxième volume des « Carnets » de Paul Gadenne, écrivain injustement méconnu, documente une période d’intense création
L’auteur de « Baleine », mort en 1956, évoque ses rêves, ses douleurs ou ses lectures dans ces carnets à propos desquels il réfute le qualificatif de « journal intime ».






