L'ancienne patronne du rassemblement américain aurait-elle été influencée par une secte hindouiste ? C'est ce qu'affirme une enquête publiée par le Washington Post. Tulsi Gabbard, qui avait été nommée par Donald Trump, directrice du renseignement intérieur (un poste chapotant la CIA, le FBI et 16 autres agences nationales) a quitté ses fonctions cette semaine. Sous le feu des projecteurs lors de son passage à ce poste, de février 2025 à juin 2026, les observateurs ont commencé à s'intéresser au passé de cette ancienne élue démocrate, nommée à l'un des postes les plus sensibles du pays. Un nom semble ressortir tout au long de son parcours : celui de Chris Butler, un chef religieux âgé aujourd'hui de 78 ans, et que Tulsi Gabbard a un jour décrit comme "son gourou". Mais les révélations ne s'arrêtent pas là : des milliers de documents analysés par le quotidien révèlent que le chef de l'organisation politique "Science of Identity Foundation" aurait conseillé, voire donné des injonctions à Tulsi Gabbard, au moins sur la période où elle était élue au Congrès pour les Démocrates, de 2013 à 2021.Mouvement sectaireNée aux Samoa, Tulsi Gabbard a grandi à Hawaï, au sein du groupe religieux "Hare Krishna" fondé et dirigé par Chris Butler, dont ses parents faisaient également partie. L'organisation pratique une forme d'hindouisme, impliquant la dévotion à la divinité Krishna, la pratique de la méditation et du yoga, et un régime alimentaire particulier. Mais il est considéré comme un groupe sectaire, en raison de la dévotion de ses membres envers sa direction et du contrôle exercé par cette dernière sur ses fidèles, tout en exigeant une obéissance et un secret absolu. Le journal décrit le leader de "Hare Krishna" comme "fils d'un médecin d'extrême gauche". Chris Butler a commencé à enseigner le krishnaïsme et la méditation après avoir quitté l'université d'Hawaï à la fin des années 1960. Charismatique, il commença à attirer des disciples qui croyaient qu'il communiquait directement avec Krishna. En 1977, il fonde sa propre organisation politique, la Science of Identity Foundation (SIF) : "ses enseignements ne s'inscrivaient dans aucun courant : il s'en prenait aux musulmans, à l'homosexualité, au contrôle des armes à feu et à l'école publique, tout en promouvant l'écologie et l'anticapitalisme".25 000 pages de directivesTrès présent dans la vie de Tulsi Gabbard, les enquêteurs se sont demandés quelle influence il avait bien pu avoir dans sa carrière politique. Ils ont eu accès à 25 000 pages de notes de service provenant du SIF, reflétant des directives données à l'élue démocrate, la plupart lors de ses deux premiers mandats au Congrès. "Certaines contenaient des instructions sur les lois qu'elle devait proposer, les politiques qu'elle devait adopter et la manière dont elle devait se comporter à la télévision. Elles dégageaient une impression d'autorité". Les sujets étaient variés "allant des impôts à la mystérieuse disparition, la même année, du vol MH370 de Malaysia Airlines". Certaines retranscriptions de discussions entre les membres du SIF étaient parfois accompagnées de commentaires très durs sur les performances de Tulsi Gabbard. Mais "l'orateur principal de chaque mémo – la personne qui semblait donner des directives - n'était pas nommé". Pour Rebecca Saltzburg, ancienne proche de Chris Butler, qu'elle accuse d'avoir couvert des agressions physiques et sexuelles au sein du groupe, il n'y a pas de doute sur le fait que ce gourou est l'auteur de ces conseils. Les documents révèlent également une implication des membres du SIF dans la campagne de Tulsi Gabbard, ayant créé des faux comptes sur les réseaux sociaux pour faire monter la candidate. Contactés, les membres du SIF ont réfuté les accusations.Personnalité atypique Un mystère de plus qui entoure la personnalité de Tulsi Gabbard, dont le parcours politique pourrait être, pour le moins, qualifié "d'atypique". Cette dernière est passée d'élue démocrate plutôt conservatrice, à alliée de Bernie Sanders et candidate à la présidence, puis à chroniqueuse de Fox News et soutien de Donald Trump. Et ce, avant d'être nommée par le chef de file du mouvement Maga à l'un des postes lui ayant donné accès aux secrets les plus sensibles du pays. Néanmoins, la période couverte par l'enquête du Washington Post n'a pas permis de déterminer si Chris Butler avait eu une influence lors de son passage à la tête du renseignement. Tulsi Gabbard a annoncé en mai son intention de quitter ses fonctions, après que son mari a été diagnostiqué d'un cancer. Néanmoins, des soupçons planent sur le fait qu'elle aurait été contrainte de démissionner, en raison de tensions avec la Maison-Blanche.
Tulsi Gabbard sous l'emprise d'une secte ? Ses étranges liens avec un gourou
Une enquête du "Washington Post" a révélé que l'ancienne élue démocrate a reçu des milliers de directives de la part du chef d'une secte hindouiste, lorsqu'elle était membre du Congrès.
Tulsi Gabbard, directrice de l'intelligence USA, aurait suivi 25.000 pages de directives d'une secte hindoue menée par Chris Butler. Cet incident révèle des failles en security governance et vetting des postes accédant aux secrets sensibles nationaux.








