Donald Trump gagne un nouveau allié en Amérique latine. Après l'Argentine, le Chili et l'Équateur,c'est au tour de la Colombie de virer à droite. Abelardo de la Espriella, un avocat antisystème soutenu par les États-Unis, a été élu président dimanche 21 juin, battant de peu le sénateur de gauche Ivan Cepeda lors du second tour. Les résultats préliminaires donnent le millionnaire gagnant avec 49,7% des voix, contre 48,7% pour le philosophe et défenseur des droits humains.

Le président élu prendra ses fonctions le 7 août, dans un contexte de résurgence de la violence dans ce pays plongé dans un conflit armé interne depuis plus de six décennies. Derrière un vitrage pare-balles, Abelardo de la Espriella a célébré le début d'une "nouvelle ère" face à des milliers de partisans réunis à Barranquilla, dans le nord du pays.

Un novice en politique surnommé "Le Tigre"Cet homme de 47 ans est surnommé "Le Tigre" par ses partisans et aime faire le salut militaire devant ces derniers. Novice en politique, il s'est fait connaître comme avocat en défendant d'anciens paramilitaires, des narcotrafiquants, des footballeurs et un homme à l'origine d'une vaste fraude pyramidale.

Dénonçant la classe politique, il a mené campagne en "outsider" ayant renoncé à sa vie luxueuse dans la ville italienne de Florence pour sauver "la patrie", parvenant à évincer la droite traditionnelle. Marié et père de quatre enfants, Abelardo de la Espriella propose des mesures sécuritaires rappelant la lutte antigangs du président salvadorien Nayib Bukele, dont il arbore la même barbe soigneusement entretenue, et une réduction drastique des dépenses de l'État dans le style de l'Argentin Javier Milei.