Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M Campus M Campus Études sup Études sup Études sup De la médecine à la pâtisserie, en passant par la grande distribution, les étudiants en horaires décalés jonglent avec des journées denses et des nuits écourtées. Au risque de faire face à un épuisement mental et physique, favorisant l’isolement social. Article réservé aux abonnés Le réveil d’Apolline retentit. L’écran verrouillé de son téléphone affiche 5 h 30. En quinze minutes, elle est habillée et prête à partir. « Je maximise mon temps de sommeil », lance fièrement cette étudiante en certificat d’aptitude professionnelle pâtisserie, qui dort rarement plus de cinq heures par nuit. Dès qu’elle le peut, l’alternante de 24 ans rattrape le temps perdu : « Il m’est déjà arrivé de m’endormir à 15 heures un dimanche et de me réveiller à 10 heures le lundi. » Mathilde (aucune des personnes interrogées n’a souhaité donner son nom de famille), interne en septième année de médecine, se donne la même priorité : « Si je commence à 8 heures, je me réveille à 7 h 45. » La vingtenaire enchaîne les gardes de vingt-quatre heures, à raison de 20 à 25 gardes par stage de six mois, au prix de quelques concessions : « Quand je suis de garde, je ne peux pas aller aux soirées, aux dîners ou au cinéma avec mes potes, et mes jours de repos, ce sont eux qui ne sont pas disponibles, car ils travaillent. » Etudier et travailler en horaires décalés, « c’est tout un art », ironise Apolline : « Il faut choisir entre sommeil et vie sociale. “Je ne peux pas, je travaille demain” est une phrase que je répète beaucoup. » La semaine, la journée commence à 6 heures. « Le week-end c’est plutôt entre 4 et 5 heures », précise celle qui confie sortir peu. Elle s’autorise quand même quelques soirées, qu’elle peine à écourter : « On me dit souvent “allez Apo, reste encore un peu !”. » Apolline a fini par s’habituer à ce rythme de travail effréné, imposé dès les premières années de formation. Elle s’interroge néanmoins sur sa capacité à tenir sur le plus long terme. Il vous reste 75.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.