Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Essais histoire Essais histoire Essais histoire Analyse Roger Chartier Historien et professeur émérite au Collège de France Dans un texte très personnel, l’historien Roger Chartier évoque Bloch à travers trois dates clés : 1924 et la parution des « Rois thaumaturges » ; 1928 et la fondation de la revue des « Annales » ; 1921 et l’article « Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre ». Publié aujourd’hui à 08h00 Temps de Lecture 5 min. Article réservé aux abonnés Des fenêtres de l’appartement de mes parents, rue du Dauphiné, à Lyon, il est possible de voir le fort Montluc. C’est là que Marc Bloch, qui représentait Franc-Tireur au sein des Mouvements unis de la Résistance, fut incarcéré après son arrestation par la Gestapo, le 8 mars 1944. Après avoir été torturé à l’Ecole de santé militaire, puis enfermé à Montluc, il fut assassiné, le 16 juin, par les Allemands, avec 27 autres prisonniers. La mémoire du lieu a hanté chacun de mes retours lyonnais ainsi que mes lectures de celui qui entre, le 23 juin, au Panthéon. Marc Bloch n’aimait pas les biographies. Ecrire sur sa vie est un défi, puisqu’il faut lui rendre justice sans pour autant trahir sa réticence. Pour l’affronter, il est possible de s’arrêter sur certaines dates. 1924 est la première. Bloch a 38 ans. Après ses quatre années de guerre, il a été nommé maître de conférences à l’université de Strasbourg, reprise aux Allemands, et, en décembre 1920, il a soutenu sa thèse de doctorat, Rois et serfs. Un chapitre d’histoire capétienne (réédité en 2025 aux Indes savantes, avec une postface de Dominique Barthélemy). Il vous reste 87.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.