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ReportageEncore traumatisés par la perte du territoire, les réfugiés de l’enclave séparatiste accusent le premier ministre, Nikol Pachinian, de l’avoir sacrifiée pour conclure la paix avec l’Azerbaïdjan. La fermeture, lundi, à Erevan, de l’« ambassade » de l’ex-république autoproclamée fait figure de coup de grâce.

Cela fait déjà plus de deux ans et demi que le bâtiment, aux colonnes anciennes en pierre rose, est à demi déserté. Depuis la chute de l’enclave séparatiste du Haut-Karabakh à l’issue d’une offensive éclair de l’Azerbaïdjan, en septembre 2023, la majorité du personnel de la représentation permanente de l’ex-république autoproclamée, installée à Erevan, en Arménie, a plié bagage. Ne restent qu’une dizaine de personnes, qui continuent de travailler gratuitement pour porter la voix des quelque 120 000 réfugiés arméniens issus de l’enclave, et faire vivre la mémoire de ce territoire désormais sous le contrôle de Bakou.

L’édifice est le dernier vestige de l’existence de la République du Haut-Karabakh, Etat autoproclamé au cœur d’un conflit qui aura duré plus de trente-cinq ans entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. « Il était considéré comme une ambassade, même s’il n’en avait pas le nom, puisque l’Arménie [ni aucun autre pays] n’a jamais reconnu la République d’Artsakh [le nom arménien du Haut-Karabakh] », se souvient son ancien ombudsman, Gegham Stepanian, assis derrière son bureau.