Meghri, Erevan (Arménie).– Pour exorciser la douleur qui le hante depuis son exode, Edvard écrit des poèmes. « Dans mes rêves, je vis encore au Karabagh. Puis je me réveille ici. Mais ce n’est pas ici que je suis né, que j’ai grandi. Ma terre natale me manque tellement, j’en suis malade. » « Ici », c’est Meghri, petite ville de l’extrême sud de l’Arménie, à la frontière avec l’Iran. Dans ce bout de pays aride que surplombent d’immenses pics rocheux, l’ancien officier de l’armée arménienne vit maigrement de ses récoltes.