La relève du rap au féminin, l’héritage d’une légende de la scène folk, le retour des meilleurs copains de Tame Impala ou le nouvel album solo du guitariste de dEUS: la sélection des sorties musicales de la semaine, résumée en quatre disques essentiels. On a tout écouté… et on vous raconte!1. "Whack’s Museum" de Tierra Whack★★★★★C’est qui? Née en 1995 à Philadelphie, Tierra Whack a trouvé sa voie lors du spectacle de clôture de ses études secondaires. Sur scène, devant ses profs et camarades de classe, elle interprète le final du film "Sister Act 2". Une performance qui, indirectement, lui vaudra d’assurer la première partie d’un concert de Lauryn Hill. Fan revendiquée d’OutKast et d’Erykah Badu, la rappeuse américaine est désormais suivie à la trace par les plus grands. Beyoncé, Lil Yachty, Alicia Keys ou Tyler, The Creator ont, notamment, fait appel à ses services.Notre avis: Toujours bien placée dans le peloton des outsiders du rap US, Tierra Whack se présente pour la première fois de sa carrière avec une étiquette de favorite de l’année. "Whack’s Museum", sa deuxième mixtape, constitue une étape charnière: le genre de disque qui change complètement la donne. Technique aiguisée, flow acéré, la rappeuse possède l’aplomb de Kelis et le kick de Missy Elliott. Parfaitement calibré, sans temps mort, ce nouvel essai la propulse sur le devant de la scène aux côtés de Little Simz, Doechii ou Noname. Tierra Whack – "Wax Paper"2. "Dream Me a Dream" de Tucker Zimmerman★★★★☆C’est qui? Adulé par David Bowie, remis au goût du jour par Big Thief, le chanteur américain Tucker Zimmerman a vécu plus de cinquante ans en région liégeoise. C’est là, à la suite d’un terrible incendie, qu’il s’est éteint le 17 janvier 2026 aux côtés de son épouse, Marie-Claire Lambert. Stockay, petit village de Hesbaye, pleure alors des voisins, tandis que la planète musique déplore la perte d’une figure majeure de la scène folk-rock.Notre avis: "Dream Me a Dream" était déjà enregistré lorsque Tucker Zimmerman, 84 ans, est décédé. Il ne s’agit donc pas d’un album posthume stricto sensu. Il s’écoute davantage comme le témoignage d’un musicien en pleine renaissance artistique: un homme conscient du chemin parcouru, mais toujours ouvert à la joie, aux découvertes, et aux lendemains qui chantent. Sous cet angle, les adieux s’éclairent sous un autre jour. Car "Dream Me a Dream", bien que joué sur les cordes d’une guitare acoustique, n’est pas un essai rétrograde ou réactionnaire. Au contraire, il ose les nappes de synthé aux vertus cosmiques, laisse entendre des chœurs angéliques (de Marie-Claire) et se fend même d’un clin d’œil à Adrianne Lenker avec une reprise d’un morceau de Big Thief ("I Want You to Stay"). Emballé sous une pochette dessinée à l’âge de 7 ans par son fils, Quanah Zimmerman, cet album est un héritage à chérir pour des années encore. Tucker Zimmerman – "Wolf Run"3. "Unspectacular Times" de Mauro Pawlowski★★★★☆C’est qui? Guitariste tout-terrain, aussi à l’aise dans des registres bruitistes que sur des mélodies sophistiquées, Mauro Pawlowski est une figure majeure du rock belge. Personnage aux multiples facettes, le musicien est l’âme d’Evil Superstars, l’alter ego de Tom Barman chez dEUS, mais aussi la force tranquille de multiples projets (Gruppo Di Pawlowski, Radical Slave, Kiss My Jazz, Mitsoobishy Jacson, etc.). Il y a quelques jours, Mauro Pawlowski annonçait publiquement être atteint de la maladie d’Alzheimer.Notre avis: Dans une discographie dévouée au rock alternatif et autres déviances électriques, "Unspectacular Times" fait figure d’exception. Balisées par des synthés, des fragments discoïdes, une pincée de soul et quelques allusions au smooth jazz, les chansons évitent la nervosité du pogo pour privilégier l’élégance des années 1980. Accompagné par le batteur Stéphane Misseghers et le bassiste Bruno Coussée – deux producteurs connus sous le nom de Scorpio Twins –, Pawlowski ravive la flamme new wave et goûte à la coolitude du soft rock. Les morceaux de ce disque transcendent la banalité du quotidien sur des airs qui, tour à tour, évoquent David Bowie, Christopher Cross ou les Doobie Brothers.Mauro Pawlowski – "No Neutral Expression"4. "Terrestrials" de Pond★★★☆☆C’est qui? Véritable matrice d’un renouveau du rock australien, Pond est une plaque tournante. Le chanteur Nick Allbrook mis à part, tous les membres de la formation sont également les musiciens de Tame Impala. Toujours partant pour une petite escapade psychédélique, le collectif de Perth reste ouvert aux quatre vents. Chez eux, le funk, la new wave, la dance ou le glam-rock sont des options comme les autres. Il y a quelques semaines, le groupe est parti en tournée aux côtés de Djo, le projet musical de l’acteur Joe Keery, mondialement connu pour son rôle de Steve Harrington dans la série "Stranger Things". C’est peut-être un détail pour vous. Mais pour Pond, ça veut dire beaucoup…Notre avis: À l’exception des thèmes défendus dans les chansons (la question du climat, la justice sociale, la préservation environnementale), chaque disque de Pond rebat les cartes musicales. Le onzième album studio du collectif australien ne fait pas exception à la règle. "Terrestrials" s’est construit sur la base d’un cahier des charges rigoureusement circonscrit: mêler l’iconographie australienne des années 1980 au rock gothique d’un groupe comme Sisters of Mercy. Deux questions ont guidé le processus créatif de la formation: "Peut-on boire une bière en écoutant cette compo?" et "Est-ce que des gothiques l’aimeraient?". À cela s’ajoutent deux questions bonus: ont-ils réussi leur coup? La réponse est oui (sans hésiter). Tout le monde va adhérer? Pas sûr…Pond – "Skyworks"
Tierra Whack, Tucker Zimmerman, Mauro Pawlowski, Pond: les sorties du 19 juin en 4 critiques
La relève du rap au féminin, l’héritage d’une légende de la scène folk, le retour des meilleurs copains de Tame Impala ou le nouvel album solo du guitariste de dEUS: la sélection des sorties musicales de la semaine, résumée en quatre disques essentiels. On a tout écouté… et on vous raconte!










