Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Pixels Pixels Violences sexuelles Violences sexuelles Violences sexuelles Depuis son lancement le 9 juin, la plateforme a recueilli près de 6 000 témoignages anonymes faisant état de violences sexuelles et de leur traitement par la justice. Article réservé aux abonnés Elles avaient 6 ans, 17 ans, 23 ans. C’était leur père, leur mari, un médecin, un barman. C’était en 1986, en 2001, en 2025. Comment rester de marbre à la lecture des milliers de témoignages anonymes de violences sexuelles recueillis en moins de dix jours par Classes-sans-suite.com ? Ce site a été lancé le 9 juin, dans le sillage de l’émotion suscitée par le sort de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans le Gers le 4 juin, et la découverte que le principal suspect était visé par plusieurs plaintes pour viol sur mineur. « Le site est né d’une colère, face à un nouveau crime, raconte Clémence Andrieux, membre du collectif qui gère la plateforme. Le principe fondateur de cette initiative est de rendre visible l’invisible, de chiffrer et de cartographier cette réalité-là. De montrer que ces violences sexuelles sont massives, répandues sur tout le territoire. Et nous voulons donner à voir le traitement judiciaire de la majorité de ces affaires. » Les chiffres donnent le vertige : 5 639 témoignages recueillis à l’heure où nous écrivons ces lignes, répartis sur 99 départements. La carte de France qui les accompagne, tachée de rouge et cliquable, permet de les consulter par commune. Un graphique visualise le sort de chacune de ces histoires : le site recense « 2 377 plaintes ignorées », ce qui comprend le classement sans suite en grande majorité, mais aussi la prescription et le non-lieu. La moitié des témoignages environ n’a donné lieu à aucune plainte. Il vous reste 70.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.