Annoncée il y a un mois à peine, l’initiative « Montréal, faites du bruit » a réussi, mercredi, pendant les Francos de Montréal, l’exploit de réunir autour d’une même table les principaux acteurs de l’industrie musicale québécoise. L’objectif commun était de trouver de nouvelles manières de donner un peu plus d’oxygène à notre musique francophone, étouffée par un contexte économique délicat et par le rôle démesuré des grands groupes industriels internationaux, les GAFAM et LiveNation en tête.Malgré l’absence à cette première rencontre de représentants des grands groupes numériques et plateformes de diffusion musicale, telles Spotify (pourtant l’un des commanditaires des Francos), quelques projets, parmi la cinquantaine dévoilée, visent à améliorer la découvrabilité des œuvres québécoises, un sujet de préoccupations au sein du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Ainsi, dès le 23 août prochain sera présentée une émission hebdomadaire « entièrement consacrée aux artistes émergents » sur les ondes du réseau Énergie, propriété de Bell Média. Cogeco Média inaugurera en septembre ses prix Rythme de la chanson québécoise, alors que Québecor Média, en partenariat avec le label Audiogram, lancera l’initiative Faire résonner la musique francophone dans la ville, qui aura pour but d’intégrer « la musique francophone dans l’espace public et le quotidien des citoyens grâce à la mise à disposition d’un important réseau d’affichage et de diffusion numérique ».Or, l’une des annonces alimentera les discussions dans le milieu musical québécois : l’engagement du promoteur et producteur Evenko, via sa fondation, à investir un million de dollars sur cinq ans « dans le soutien aux artistes émergents, en particulier francophones ». Si aucun représentant d’Evenko n’était disponible pour offrir des détails sur cet engagement, Jacques-André Dupont, directeur général des Francos de Montréal, du Festival international de jazz de Montréal et idéateur de « Montréal, faites du bruit » précisait au Devoir que la fondation amorcera une consultation pour s’assurer que son aide financière soit « complémentaire à ce qui se fait déjà maintenant. Toute option de financement est sur la table ».Si la contribution d’Evenko dans la démarche « Montréal, faites du bruit » sera remarquée, c’est qu’elle arrive quatre mois après la diffusion du reportage de l’émission Enquête (ICI Télé) dans lequel étaient remis en question les liens entre Spectra, producteur des festivals susmentionnés et propriété d’Evenko, dont le géant américain LiveNation détient 49 % de l’actionnariat.
L’initiative «Montréal, faites du bruit» dévoile sa stratégie pour la musique francophone
Une cinquantaine de projets visant à donner de l’oxygène à notre musique francophone ont été dévoilés.








