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DécryptageCette notion, autrefois valorisée dans l’espace public américain, est aujourd’hui contestée par l’extrême droite, qui n’y voit qu’un aveu de faiblesse. La gauche aussi s’interroge sur son usage : dans un monde où prévaut la brutalité, peut-on continuer à faire preuve de compréhension ?

Que prescrire à l’Oncle Sam, alors que d’extrêmes tensions parcourent les Etats-Unis ? Un peu d’empathie, sans doute. Tenter de se mettre à la place de son voisin aiderait peut-être les Américains à se déprendre des discours de haine et de la polarisation qu’ils engendrent. Pourtant, à droite comme à gauche, personne ne veut s’en remettre à cette vertu, qui, il y a quelques années encore, suscitait un large consensus. Elle était alors pensée comme une aptitude que l’école devait enseigner aux enfants. Dans le monde politique, Joe Biden se présentait comme un président (2021-2025) dont la commisération était la grande force, tant il savait toucher les électeurs en affirmant qu’il partageait leurs souffrances.

Barack Obama (2009-2017), pour sa part, n’a jamais cessé de déplorer le « déficit d’empathie » qui sévissait sur le territoire national. Une façon d’en appeler à un dépassement des clivages entre partis. Avant lui, George W. Bush (2001-2009), déjà, plaçait son mandat sous le signe d’un « conservatisme compassionnel ». Cette parole politique, venant aussi bien de démocrates que de républicains, en dit long sur le rôle que jouait l’empathie aux Etats-Unis. Dans un pays où l’individualisme prévaut, elle permettait d’établir la relation à l’autre sans en passer par une valeur collective telle que la solidarité, comme on le ferait en France. Aujourd’hui, cependant, dans l’Amérique de Donald Trump, elle n’a plus la cote. Pis, elle fait l’objet de critiques, voire de dénonciations.