Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Lettres de Lettres de Lettres de Le gouvernement nationaliste s’est lancé dans une bataille pour récupérer le vaste terrain occupé, au cœur de la capitale, par l’institution centenaire. Créée par les colons britanniques, elle est aujourd’hui prisée des élites honnies par le BJP au pouvoir. Article réservé aux abonnés LETTRE DE NEW DELHI Le Gymkhana Club, ce sont 11 hectares au cœur de la capitale indienne, des pelouses fraîchement tondues, des cottages, des courts de tennis en terre battue, des terrains de badminton, de squash et de basket-ball, des espaces pour jouer au billard ou au bridge… Installé dans un élégant pavillon blanc, doté de colonnades et de vérandas ouvertes, ce club très sélect vit peut-être ses derniers instants. L’institution centenaire est sous la menace d’un ordre d’évacuation émis par le gouvernement nationaliste indien dirigé par Narendra Modi. Le 22 mai, le ministère du logement et des affaires urbaines a demandé au Gymkhana de quitter les lieux avant le 5 juin, mais l’affaire a été portée devant la Haute Cour de Delhi. Les autorités font valoir que le terrain du Gymkhana, situé à proximité de la nouvelle résidence de M. Modi et de plusieurs bâtiments gouvernementaux, leur est nécessaire pour des infrastructures de défense, qualifiant la zone de « hautement stratégique ». Mais cette décision entre aussi dans la bataille plus large menée par les nationalistes hindous contre le passé colonial et contre les élites. Le parti de M. Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), a l’habitude de stigmatiser l’« élite de Lutyens » – une expression désignant l’ancien establishment, faisant référence à l’un des architectes britanniques de Delhi –, accusé d’avoir dominé l’Inde pendant des décennies. Il vous reste 75.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.