Monument pour les « enfants de la Creuse », à l’aéroport de La Réunion-Roland-Garros, à Sainte-Marie (La Réunion), le 26 février 2026. RÉMIH/CC-BY-SA-4.0

Le Parlement français a approuvé l’adoption définitive d’une loi de réparation au bénéfice des mineurs réunionnais arrachés à leurs terres et déplacés dans l’Hexagone entre 1962 et 1984. Avec un vote unanime au Sénat, mardi 16 juin, quelques mois après un vote identique à l’Assemblée nationale, les parlementaires entendent reconnaître les torts de l’Etat dans ce scandale du XXe siècle.

Entre 1962 et 1984, 2 015 mineurs ont été déplacés de La Réunion vers 83 départements hexagonaux, principalement ruraux. Cette politique visait officiellement à répondre au doublement de la population réunionnaise en trente ans et à repeupler des zones rurales comme la Creuse, département ayant accueilli le plus d’enfants, d’où le surnom de ces mineurs parfois baptisés « enfants de la Creuse ».

Mais dans les faits, ce furent des jeunesses interrompues soudainement, des changements d’état civil brutaux, voire des maltraitances ou humiliations à l’origine de profonds traumatismes pour ces enfants initialement placés au sein de l’Aide sociale à l’enfance. Ces mineurs étaient de tous âges, avec des nouveau-nés comme des adolescents.