Le gouvernement injecte 1 milliard de dollars supplémentaire sur 10 ans pour rénover ou remplacer les canalisations et les usines de traitement municipales en fin de vie. « Une goutte d’eau », estiment les villes, dans un océan de besoins chiffré à 42 milliards de dollars.L’argent annoncé mardi en marge des États généraux sur le financement des infrastructures municipales provient de l’entente de 10 milliards de dollars conclue entre Québec et Ottawa il y a deux semaines.

« C’est toujours une bonne nouvelle, a réagi la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier. Par contre, ça n’enlève pas la question de fond, qui est le prix des infrastructures et l’augmentation faramineuse des coûts dans les dernières années. »L’argent à lui seul ne suffira pas à résorber un déficit d’entretien à risque « de doubler d’ici 2036 si la tendance des dernières années se prolonge », écrivaient les anciens ministres des Finances Nicolas Marceau et Monique Jérôme-Forget dans un rapport sur la fiscalité municipale présenté le mois dernier.« Nous devons reprendre le contrôle des coûts, a averti le ministre des Affaires municipales Samuel Poulin. Sinon, nous n’y arriverons pas. »« Tous les gouvernements sont acculés au pied du mur en ce qui a trait au coût des infrastructures, ajoute l’élue de Longueuil. Au final, ce sont les mêmes contribuables [qui paient]. Tout le monde arrive dans le même cul-de-sac. »L’équilibre budgétaire d’abordLe gouvernement québécois calcule devoir débourser 25 milliards de dollars sur 10 ans pour atteindre un déficit d’entretien de ses actifs comparable à l’Ontario, a indiqué mardi le ministre des Finances, Eric Girard.Ce dernier refuse le « défaitisme » devant la vétusté des infrastructures publiques, mais annonce un avenir où le « coupage de ruban » cédera la priorité à l’entretien des infrastructures déjà en place et souvent vieilles de 40, voire 50 ans.« On va limiter le nombre de nouveaux projets, a précisé Eric Girard. Chacun de nous, chaque ministre, chaque ministère, on doit prioriser le maintien d’actifs. »Après des années d’augmentation importantes sous les deux mandats caquistes, le Plan québécois des infrastructures (PQI), chiffré à 167 milliards de dollars pour l’horizon 2036, n’augmentera pas tant que le gouvernement écrira son budget à l’encre rouge.