Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Pixels Pixels Pornographie Pornographie Pornographie La CJUE avait été saisie par le Conseil d’Etat, dans le cadre d’un long litige opposant la France à plusieurs éditeurs de sites pornographiques. Article réservé aux abonnés La France peut obliger les sites pornographiques à vérifier l’âge des usagés. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu, mardi 16 juin, un arrêt très attendu dans la longue bataille qui oppose le pays à l’industrie du X. Ce texte offre une petite victoire au gouvernement, mais intervient tardivement, alors que le sujet est devenu une affaire politique et de lobbying. Pour comprendre cet arrêt, il faut remonter six ans en arrière. En juillet 2020, dans le cadre de la loi visant à lutter contre les violences conjugales, les députés ont introduit une nouveauté dans le droit français : l’obligation pour les sites pornographiques de réellement empêcher les mineurs d’accéder aux contenus pour adultes, et donc de vérifier l’âge des visiteurs. Les principaux acteurs du secteur du X en ligne, dont les groupes derrière Pornhub, XVideos et xHamster, ont dès lors multiplié les contentieux. Deux sociétés tchèques, représentant XNXX et XVideos, ont attaqué le décret d’application de la loi. Elles arguaient que la France n’était pas en mesure d’imposer de telles obligations à des plateformes en ligne domiciliées dans d’autres pays de l’Union européenne (UE). Une question sur laquelle le Conseil d’Etat a botté en touche en 2024, saisissant la CJUE. Chasse gardée de l’Europe Deux ans plus tard, la Cour a décidé. Dans son arrêt, elle a rappelé que la régulation des plateformes en ligne était du domaine de l’UE et que les Etats membres ne pouvaient pas imposer seuls des obligations, y compris pénales, aux sites établis dans d’autres pays. « C’est la grande nouveauté », souligne auprès du Monde l’avocat Alexandre Archambault. Pour lui, le texte sonne comme une mise en garde vis-à-vis du législateur français, qui multiplie les textes sur le numérique. Cela pose une « vraie question de souveraineté des Etats » en la matière, renchérit Lorraine Questiaux, avocate intervenue devant la Cour au nom de l’association Les Effronté-e-s. Il vous reste 57.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.