Le plus grand pont du canton de Genève cache des trésors insoupçonnés. Tous les jours, plus de 60’000 véhicules empruntent l’ouvrage qui s’élance au-dessus du Rhône et de ses rives arborées, reliant les communes de Vernier et Lancy. Ils sont loin de se douter que sous leurs roues se cache un second tablier, initialement prévu pour le passage des trains puis laissé inachevé. Quand le pont est inauguré, en 1927, il abrite dans ses entrailles une longue galerie ouverte aux quatre vents.Pendant la Seconde Guerre mondiale, la société automobile et aéronautique Hispano-Suiza lui trouve vite une utilité: elle l’emploie notamment pour tester ses canons de DCA fabriqués aux Charmilles, jusqu’à la fermeture de l’usine en 1985. C’est alors que naît l’idée d’employer cet espace pour les recherches en aérodynamique de la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève (Hepia), à l’époque École des arts et métiers de Genève.

Dans le pont Butin, pour la journée du patrimoine 2012. | KEYSTONE / Salvatore Di Nolfi)

Quatre ans plus tard, en 1989, les arches en béton abritent une soufflerie de 50 mètres de long, dotée de quatre ventilateurs géants capables de faire souffler des vents à 300 km/h. Le laboratoire du pont Butin est né.