Des partis d’opposition à l’Assemblée nationale dénoncent que Québec ait investi près de 56 millions de dollars dans la formation à distance d’adultes en quête de leur diplôme d’études secondaires ayant recours à la plateforme de l’entreprise privée ChallengeU, dont le bilan est critiqué. Le Parti libéral du Québec va jusqu’à réclamer la mise sur pause du financement lié à l’utilisation de cette plateforme par des milliers d’élèves.« C’est fâchant au niveau de l’usage responsable des fonds publics, c’est sûr, mais ça l’est aussi au niveau de la réussite scolaire, puisqu’on a des adultes qui entreprennent ce parcours-là, puis qui ont certaines attentes par rapport à un outil », dont le recours leur est offert gratuitement grâce au financement de l’État, a souligné la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Madwa-Nika Cadet, en entrevue au Devoir lundi matin.Or, cette plateforme ne remplit pas adéquatement sa mission d’offrir aux élèves qui y ont recours « un tremplin vers la réussite », a-t-elle déploré. « On les laisse tomber. »L’élue libérale réagissait à une enquête parue dans Le Devoir qui détaille le recours à la plateforme d’enseignement à distance de l’entreprise ChallengeU par cinq centres de services scolaires (CSS) depuis 2017. Ceux-ci ont remis près de 56 millions à l’entreprise au fil des années. Or, si le nombre d’inscrits à la plateforme est élevé, la majorité de ces élèves abandonnent leur cours avant de se rendre aux épreuves ministérielles, tandis que beaucoup d’autres sont inactifs sur la plateforme. Les taux de réussite relevés s’en trouvent ainsi très faibles, une situation dénoncée par plusieurs experts et par une association de directions d’école, qui associent cette situation au manque d’accompagnement offert aux élèves ayant recours à cette plateforme.
Québec sommé «d’ajuster le tir» sur la formation à distance avec ChallengeU
L’opposition libérale demande au gouvernement de mettre sur pause le financement de l’entreprise via plusieurs CSS.
Québec a investi 56 millions en ChallengeU depuis 2017; majorité des inscrits abandonnent les cours avec taux de réussite très bas, zéro amélioration en sept ans. Face au succès du modèle public ontarien (97%), cet effondrement révèle un risque majeur: outsourcer sans SLA/KPI contractuels = engagement à perte et perte de contrôle des résultats.






