Le député de Guyane Jean-Victor Castor, rapporteur de la proposition de loi visant à restituer à la Guyane les restes de six Amérindiens, exhibés dans des « zoos humains », à l’Assemblée nationale, le 23 décembre 2025. THOMAS SAMSON / AFP

« Nos ancêtres vont enfin pouvoir rentrer chez eux » : le Parlement a entériné, lundi 15 juin, la restitution à la Guyane des restes de six Amérindiens conservés au Muséum d’histoire naturelle, plus de 130 ans après leur mort dans les conditions indignes des « zoos humains », où ils furent exhibés.

L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité cette proposition de loi transpartisane, déjà adoptée au Sénat et soutenue par le gouvernement, qui veut « réparer une injustice vieille de plus d’un siècle », en permettant leur inhumation sur leur terre natale, explique son rapporteur, le député de Guyane Jean-Victor Castor. Il s’agit de l’une « des pages les plus sombres de l’histoire coloniale française », a-t-il rappelé s’exprimant sous le regard d’une délégation guyanaise présente dans les tribunes.

En 1892, 33 Amérindiens des peuples Kali’na et Arawak furent emmenés par paquebot vers l’Hexagone sous de fausses promesses par l’explorateur français François Laveau. Ils furent exhibés vivants dans des « zoos humains » au Jardin d’acclimatation, à Paris. Huit d’entre eux ne survécurent pas à l’hiver en raison de leurs conditions d’hébergement indignes.