Corinne Toka-Devilliers, présidente de l’association Moliko, descendante de Molko et Ahieramo, lors de la cérémonie chamanique au plus près des restes humains kali’na, au musée de l’Homme, afin d’apaiser leurs âmes avant un retour de ces corps au pays. A Paris, le 17 septembre 2024. MORGAN FACHE/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Le Sénat s’apprête à adopter lundi 18 mai une proposition de loi très attendue en Guyane : le texte va autoriser la restitution à leurs descendants des dépouilles d’Amérindiens Kalinas et Arawak – six restes humains et huit moulages – enfermés au Muséum national d’histoire naturelle depuis 1892. Leur histoire est tragique. En pleine période coloniale, des milliers de personnes issues des outre-mer français et d’Afrique ont été exposées en Europe dans des zoos humains, en vogue à l’époque. Parmi elles, 33 Amérindiens vivant de part et d’autre du fleuve Maroni, entre la Guyane et le Suriname, ont été exhibés au Jardin d’acclimatation, à Paris. Huit d’entre eux ont trouvé la mort au cours de l’hiver 1892, ont été enterrés, puis récupérés à la demande des scientifiques, avant de rejoindre les collections inaliénables du musée.

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