Le Parti libéral du Québec (PLQ) demande que l’enquête sur les allégations de racisme au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soit menée de manière indépendante par la Sûreté du Québec (SQ).Lundi, les députées libérales Jennifer Maccarone et Madwa-Nika Cadet ont demandé au gouvernement par communiqué de confier l’enquête à la SQ, estimant qu’il serait approprié qu’une telle enquête soit menée par un corps policier externe.De leur point de vue, « permettre au SPVM d’enquêter sur ses propres membres dans un dossier de cette nature ne répondrait pas aux exigences de transparence et d’indépendance attendues par le public ».À leur avis, les informations révélées ces derniers jours « ébranlent la confiance de la population envers l’institution policière ». Ainsi, la situation doit être examinée « avec objectivité, à l’abri de toute apparence de conflit d’intérêts », ont-elles plaidé.Vendredi soir, le directeur du SPVM, Fady Dagher, a annoncé que deux agents du poste de quartier 39 étaient suspendus à la suite d’allégations de comportements discriminatoires et racistes envers des citoyens de Montréal-Nord.
Ces deux agents pourraient faire face à des accusations criminelles. Leur dossier est présentement analysé par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).« Intransigeance »M. Dagher a précisé que 14 autres agents du même poste avaient été transférés ou réaffectés à des tâches qui ne nécessitent aucun contact avec le public.Des médias ont rapporté des informations supplémentaires, notamment que des policiers auraient coupé les cheveux de citoyens racisés afin d’en faire des « trophées ». M. Dagher a confirmé en conférence de presse que cela faisait « partie des allégations ».Selon Mme Cadet, qui représente la circonscription de Bourassa-Sauvé, qui comprend le poste de police concerné, « la population a besoin d’avoir l’assurance qu’une enquête véritablement indépendante et impartiale sera menée » concernant ces allégations. « C’est une condition essentielle pour démontrer notre intransigeance face au racisme et pour s’assurer que l’ensemble des citoyens se sentent respectés et en sécurité », a-t-elle plaidé par écrit.Lors de sa conférence de presse de vendredi, le chef de police Dagher a indiqué que l’enquête du SPVM sur les allégations se poursuivait, mais que les informations déjà corroborées par le corps policier étaient suffisantes pour justifier une première série de mesures.Peu après, sur les réseaux sociaux, le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, avait dit avoir « confiance dans les enquêtes qui sont menées ». « Je vais suivre ce dossier de très près et m’assurer que tout sera mis en place pour faire la lumière sur les événements », avait-il assuré.Recommandations d’intervenantsLundi matin, le Regroupement des intervenants et intervenantes d’origine haïtienne (RIIOH) a demandé, lors d’une conférence de presse, qu’une rencontre soit tenue « dans le plus bref délai » avec le directeur général du SPVM, Fady Dagher.Les intervenants souhaitent présenter au chef de police « une série de recommandations visant à rétablir la confiance entre le service de police et la communauté », a précisé Sheilla Fortuné, co-porte-parole du RIIOH.Les allégations visant des policiers affectés au poste de quartier 39 « sont graves, révoltantes et inacceptables » et « viennent confirmer ce que les citoyens, les familles, des jeunes, des intervenants et des organismes communautaires de Montréal-Nord dénoncent depuis des années », c’est-à-dire « l’existence de comportements discriminatoires », a ajouté Mme Fortuné.













