Nous avons vu comment Zafer Kızılkaya a réussi à convaincre les pêcheurs de jouer le jeu de la conservation, en respectant les zones de non-pêche. Depuis, les poissons reviennent, notamment le fameux mérou blanc, très prisé pour sa chair savoureuse et à peu près dépourvue d’arêtes, qui représente de nouveau la moitié des revenus des pêcheurs du cru. Le secteur peut ainsi commencer à renouer avec des perspectives durables.Mais l’inventivité de Zafer Kızılkaya et de la Société pour la Conservation de la Méditerranée (AKD), qu’il a fondée en 2005, ne s’arrête pas là. À Akyaka, la charmante petite ville au fond du golfe de Gökova, le patron de la coopérative de pêche Taner Özcan m’avait aidé à comprendre pourquoi les pêcheurs s’étaient peu à peu ralliés au projet de réensauvagement, au point pour certains de se convertir et de devenir des rangers des mers.À la fin de son exposé, le pêcheur avait sorti de la glace un poisson tout à fait spectaculaire, qui joue un rôle inattendu dans cette histoire: le poisson-lion (Pterois miles). Une espèce invasive, qui désormais pullule en Méditerranée.Avec ses nageoires en forme d’ailes, ses zébrures spectaculaires, et son air somme toute patibulaire, le poisson-lion annonce la couleur. Il possède sur sa nageoire dorsale de longues épines redoutées des baigneurs. Elles injectent une neurotoxine qui paralyse les muscles et provoque une intense douleur, parfois accompagnée de maux de tête, confusion, vomissements. Rarement létal, toujours cuisant.
Ce poisson de cauchemar ravage la Méditerranée. La solution? Le manger - Heidi.news
Idée de génie: proposer à des chefs étoilés de cuisiner le vorace poisson-lion et ses épines venimeuses...










