Dans les eaux turquoise du golfe de Gökova, au sud-est de la Turquie, entre Bodrum et Marmaris, on pêche au moins depuis l’Antiquité. Thon rouge, daurade, denté… Mais quand le photographe sous-marin Zafer Kızılkaya revient dans sa région natale en 2008, il s’aperçoit que les fonds marins de son enfance, normalement luxuriants et plein de vie, semblent comme vitrifiés.«Les poissons, les éponges, les crustacés… tout avait disparu. Il ne restait même plus d’algues sur les rochers. Mais pas d’algues, c’est impossible! Si vous avez des rochers, de la lumière et la mer, vous avez toujours des algues normalement.»La surpêche est-elle responsable de ce désastre? En 2009, il prend contact avec les pêcheurs du coin et le constat se précise: dans le golfe, les produits de la pêche sont en train de disparaître à une vitesse alarmante. «Quarante pour cent des revenus des pêcheurs provenaient d'une espèce de mérou, le mérou blanc, qui avait complètement disparu, et 20%, des crevettes caramotes, aussi disparues.»Zafer obtient une petite subvention des Nations unies pour sensibiliser les premiers responsables – mais aussi les premières victimes – au problème de la surpêche. «Pendant un an je leur ai montré des exemples d'autres pays, comme le Mexique ou la Nouvelle-Zélande, où l’interdiction de la pêche dans certaines zones a permis de reconstituer les populations de poissons bien au-delà des zones concernées.»L’évangélisation des pêcheurs va jouer un rôle clé dans le réensauvagement du golfe de Gökova. Mais de là à imputer l’effondrement de l’écosystème aux seuls pêcheurs, il y a un pas que Zafer ne franchit pas. La solution au mystère du désert nucléaire va se révéler autrement plus subtile…
Sauver la Méditerranée, mode d'emploi: quand les pêcheurs du coin deviennent rangers des mers - Heidi.news
Quand il revient en 2008 dans les eaux turquoises du golfe de Gökova, en Turquie, Zafer constate que tout a disparu. Alors il se retrousse les manches et va trouver les pêcheurs du coin













