C’est dans un climat géopolitique particulièrement imprévisible que s’ouvre lundi le sommet du G7 à Évian-les-Bains, ville française située en bordure de la frontière suisse. Du conflit au Moyen-Orient qui s’enflamme aux différends commerciaux entre Washington et les autres membres, les dissensions ne manqueront pas lors de ce sommet. Voici cinq choses à surveiller lors de ces trois jours de rencontres.

Un autre départ prématuré ?

Ce n’est probablement pas l’arrivée de Donald Trump au G7 qui retiendra l’attention, mais plutôt le moment de son départ. L’an dernier, le président américain avait causé la surprise générale en quittant le sommet de Kananaskis un jour avant la clôture.Les organisateurs espèrent éviter un tel scénario cette année. Le président français, Emmanuel Macron, a ainsi convié, mercredi soir, son homologue américain à un dîner privé au château de Versailles à l’issue du sommet — visiblement un rendez-vous pour le dissuader de partir avant l’heure.La Maison-Blanche a confirmé dimanche la participation du président à ce souper de luxe. Ses plans pourraient toutefois, comme à son habitude, changer à la dernière minute.Parvenir à retenir Donald Trump jusqu’au mot de la fin vise d’abord à projeter une image d’unité, malgré la fracture bien réelle avec Washington, estime Patrick Leblond, professeur à l’Université d’Ottawa et spécialiste des questions de gouvernance et de politiques économiques. « C’est pour démontrer la solidarité du G7, comme quoi l’événement est encore pertinent et que les membres gardent de “bonnes relations”, malgré tout, avec les États-Unis », note-t-il.Une rencontre Carney-Trump ?Le sommet pourrait également offrir au premier ministre Mark Carney l’occasion d’un tête-à-tête crucial avec le président américain — ce qui serait probablement leur dernier échange avant l’échéance officielle de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), le 1er juillet.À la veille de l’événement, l’équipe du premier ministre n’avait toutefois toujours pas confirmé qu’une telle rencontre bilatérale aurait lieu.M. Carney a quant à lui tempéré les attentes, indiquant que les principales discussions commerciales se dérouleraient plutôt entre le ministre Dominic LeBlanc, la négociatrice commerciale en chef du Canada, Janice Charette, et leur homologue américain Jamieson Greer. Tous trois seront d’ailleurs présents à Évian.« Ce G7 va mettre un accent très important sur les enjeux géostratégiques, en raison de l’évolution rapide de la situation dans le Golfe et en Ukraine. […] Ce n’est pas bilatéral », a indiqué le chef du gouvernement canadien lors d’un point de presse en Irlande, dimanche.De son côté, Donald Trump a récemment déclaré qu’il « n’envisage pas de renouveler » l’ACEUM, sans offrir davantage d’explications. La dernière rencontre en personne entre MM. Carney et Trump remonte au 5 décembre 2025, lors d’un entretien à huis clos, avec la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, à Washington.