Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Féminismes Féminismes Féminismes Légère, souvent fleurie, elle peuple les rues de France dès que les températures grimpent. Et si la petite robe d’été, archétype de l’habit dit « féminin », était aussi un vêtement politique sans le savoir ? Article réservé aux abonnés Vous connaissez forcément la « petite robe noire » (en anglais « little black dress », ou LBD) ? Inventé en 1926 par Gabrielle Chanel, cet intemporel est depuis devenu le parangon de l’élégance à la française. Découvrez la « petite robe d’été » – qu’on appellera ici « PRE ». Ces jours-ci, impossible de passer à côté. Dès que le thermomètre dépasse les 25 °C, la petite robe d’été sort d’hibernation, s’affiche sur les pavés et les réseaux sociaux (plus de 4 millions de contenus pour le mot-clé #summerdress, sur Instagram). Fleurie, unie, volantée, courte, ultra-longue, moulante, ceinturée, droite, sexy ou non… Pour les femmes, c’est l’occasion de laisser au placard le pantalon, passe-muraille tout terrain de la vie active, et de se glisser dans cette étoffe dont seraient faites les « vraies femmes ». Enfiler une robe serait-il une « performance de genre », pour reprendre les termes de la philosophe féministe Judith Butler ? Il est clair que, en matière de stéréotypes de genre, la petite robe d’été se pose là. Toute femme qui a déjà porté une PRE sait que celle-ci est dotée d’un étrange pouvoir : celui d’envoyer aux citadins mâles et hétérosexuels le message subliminal de votre disponibilité sur le « marché de la bonne meuf » – pour reprendre l’expression de Virginie Despentes. Dans l’espace public se multiplient alors les « Bonjour madame » ou « Il fait chaud aujourd’hui, hein ? » déplacés. Avec la vague de chaleur de mai, les signalements de harcèlement de rue ont même bondi de 30 %, selon l’application française Umay, destinée à sécuriser les déplacements – l’histoire ne dit toutefois pas si les plaignantes portaient une PRE. Il vous reste 62.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.