Comment apprendre aux enfants que leur corps leur appartient ? La succession d'accusations récentes repose avec force la question de l’éducation au consentement dès le plus jeune âge. Du scandale du périscolaire à Paris à l’affaire Lyhanna, dans laquelle le principal suspect Jérôme Barella est visé par plusieurs signalements et plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, ces dossiers interrogent parents et éducateurs sur les mots à employer, l’âge auquel commencer et les repères à transmettre aux enfants.

Pour Claire Cipriani, pédopsychanalyste spécialisée dans les traumatismes interrogée par RTL.fr, il est essentiel de déconstruire une idée reçue : le consentement ne se limite pas à la sexualité. "Le consentement, c’est d’abord permettre à l’enfant de comprendre que son corps lui appartient et qu’il est capable de dire non", explique-t-elle. Il s’agit d’apprendre à l’enfant que personne n’a le droit de lui faire mal, de le frapper, de le pousser ou de le toucher sans son accord. En choisissant des mots et une méthode adaptés à son âge.

Dès 18 mois : nommer clairement les parties du corpsClaire Cipriani estime que l'apprentissage du consentement doit commencer très tôt, dès les premiers mois où l’enfant prend conscience de son corps. "À partir de 18 à 20 mois, l’enfant commence à montrer du doigt certaines parties de son corps. C’est à ce moment-là qu’on peut commencer à mettre des mots sur ce qu’il ressent et sur les limites à respecter", souligne-t-elle. C'est aussi l’occasion pour les parents de les nommer clairement, y compris les parties intimes.