En Angola et au Sénégal, l'homme d'affaires israélien Haim Taib est impliqué dans des projets de développement agricoles controversés, et aussi dans la vente d'armes et d'outils de surveillance. Le siège de son entreprise Mitrelli se trouve à Frauenfeld, en Thurgovie. Ce qui lui vaut d'être soutenu par l’Assurance suisse contre les risques à l’exportation, une garantie de la Confédération.

Cette enquête du collectif d’investigation WAV est publiée simultanément par le magazine alémanique WoZ et le média romand RagekitLorsque Haim Taib arrive en Angola en 1991, le pays connaît un fragile épisode de paix. Alors âgé d'une trentaine d'années, ce natif de Jérusalem est, à cette époque, un représentant du groupe LR, consortium formé par d’anciens militaires israéliens. L’année suivante, la guerre reprend. Le modèle d’affaires du groupe LR est pragmatique et lucratif: fournir des armes à un gouvernement qui lutte pour sa survie.Le groupe livre donc du matériel militaire israélien réformé. Des années plus tard, un haut fonctionnaire angolais dira que l'armée angolaise était «pratiquement dirigée» par LR. Et ces services semblent avoir pesé lourd dans l’issue du conflit: le gouvernement parvient à se maintenir au pouvoir.Aujourd’hui, Haim Taib est un homme âgé, à la courte barbe grise, toujours en costume. Il n’est plus marchand d’armes, mais entrepreneur, philanthrope et «bâtisseur de ponts». Il fait partie d'une élite israélienne à laquelle il est donné de serrer la main du pape, ou d'allumer l'un des douze flambeaux symboliques sur le Mont Herzl lors de la fête de l'indépendance d'Israël – en 2025, il incarnait la thématique «Bridges of Hope» en tant qu'entrepreneur en Afrique.Car son influence, consolidée en Angola, s’étend désormais plus loin sur le continent africain. Comme en République démocratique du Congo ou en Côte d’Ivoire notamment, où Mitrelli fait l’objet d’une enquête pour blanchiment d’argent et détournement de fonds publics.