Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Essais philosophie Essais philosophie Essais philosophie Dans son livre-phare, le philosophe réhabilite la pensée de Thomas d’Aquin, démontrant sa place de cheville incontournable entre Antiquité et Temps modernes. Article réservé aux abonnés « Le Thomisme. Œuvres complètes, tome IV », d’Etienne Gilson, présenté et édité par Jean-François Courtine, postface d’Alain de Libera, Vrin, « Bibliothèque des textes philosophiques », 1 294 p., 45 €. Le philosophe Etienne Gilson (1884-1978) est sans doute l’un des historiens de sa discipline et l’un des penseurs français les plus importants du XXe siècle. Son œuvre de philosophe et de chrétien s’est construite à l’université, puis au Collège de France, parallèlement aux grands courants théoriques qui lui sont contemporains, existentialiste, critique, déconstructionniste, etc. Pourtant, l’influence discrète de Gilson sur son temps ne le cède en rien à celle d’un Sartre ou d’un Foucault et, qui sait ?, s’avérera peut-être plus durable. Il est en effet, aux côtés de Jacques Maritain (1882-1973), l’auteur d’une révolution dans la conception que l’on se fait du passé et du présent de la philosophie. Le quatrième tome de ses Œuvres complètes, qui réunit deux éditions (1927 et 1965) du « livre de sa vie », Le Thomisme, vient opportunément le rappeler. Cette révolution consiste à réintégrer dans le corpus de la philosophie, que l’on a trop tendance à faire commencer au XVIIe siècle avec Descartes, l’énorme production médiévale stigmatisée, voire ridiculisée, sous l’épithète de « scolastique ». L’indispensable contribution de Gilson à cette lente réhabilitation du Moyen Age se mesure à la lecture du Thomisme. Il demeure la meilleure introduction à la pensée de Thomas d’Aquin (1225-1274), ce théologien dominicain qui sut harmoniser un système inspiré d’Aristote avec la foi, notamment dans sa fameuse Somme théologique (Editions du Cerf). Grâce à la redécouverte de cette cheville médiévale, on ne doit plus considérer le développement de la philosophie comme un enjambement entre l’Antiquité et les temps modernes, mais au contraire comme une progression presque continue du savoir. Il vous reste 59.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.