Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats G7 G7 G7 Chronique Gilles Paris Editorialiste au « Monde » Alors que son existence tient d’un passé révolu et qu’il est malmené par Donald Trump, le groupe des Sept continue de se réunir par la seule force de l’habitude, relève Gilles Paris, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique, à une semaine du sommet présidé par Emmanuel Macron, à Evian. Publié aujourd’hui à 06h04 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Personne ne contestera que la France, qui s’apprête à recevoir sept alliés de premier plan à Evian-les-Bains, en Haute-Savoie, du 15 au 17 juin, sait recevoir. Il n’empêche. La qualité de cet accueil va se heurter une fois de plus à la pertinence flageolante du G7 qu’Emmanuel Macron présidera pour la seconde fois, et qui ne semble tenir sur pied que par la force de l’habitude. Il y a cinquante et un ans, lors de la création du groupe, à l’initiative d’un lointain prédécesseur du président, Valéry Giscard d’Estaing, auquel il a pu parfois être comparé, la guerre froide structurait les relations internationales. Les cinq pays alors invités à Rambouillet (Yvelines) – République fédérale d’Allemagne, Etats-Unis, Italie, Japon, Royaume-Uni –, rejoints un an plus tard par le Canada, pouvaient revendiquer les deux tiers de la richesse mondiale. D’un choc pétrolier à un autre, ils en sont désormais bien loin, et la préséance d’un ordre occidental appartient à un passé révolu. L’extension de ce club à la Russie, en 1998, comme prix de consolation après l’implosion de l’URSS, n’a pas survécu à la mue néoimpériale voulue par Vladimir Poutine, et à l’annexion de la Crimée, en 2014. La présence désormais régulière d’invités venus de ce qui est désigné « Sud global » par commodité ne change rien à l’affaire. Décontraction imposée Ni le poids désormais relatif des économies du G7 ni la vision du monde que leurs dirigeants respectifs peuvent développer ne constitue pourtant l’aspect le plus embarrassant de ce club informel. Celui-ci réside dans la décontraction imposée par le protocole dans les lieux invariablement huppés réquisitionnés pour la circonstance que démentent depuis quelque temps déjà des mâchoires crispées et des communiqués de clôture condamnés à l’insignifiance. Pétries de bonnes intentions, les conclusions du dernier en date, qui s’est tenu à Kananaskis, dans la province canadienne de l’Alberta, en juin 2025, en témoignent. Il vous reste 67.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.