Quatre ans après l’attachant The Fabelmans, qui rendait autant hommage au pouvoir du cinéma qu’aux parents du réalisateur, Steven Spielberg retourne à la science-fiction, un genre qu’il a transformé en or avec Close Encounters of the Third Kind (1977) et E.T. the Extra-Terrestrial (1982), pour ne nommer que les plus importants. Sur la base d’un scénario souvent bancal de David Koepp (Jurassic Park, entre autres succès), le vétéran fait vibrer la corde de l’émotion entre de haletantes scènes d’action, et offre un 34e long métrage qui soulève des questions morales et existentielles.Disclosure Day (La révélation dans sa version française québécoise), le titre du nouveau Spielberg porte en lui sa prémisse, si bien que dès les premières minutes du film, on saute déjà dans l’action, sans préambule ni mise en contexte : Daniel Kellner (Josh O’Connor), expert en cybersécurité, est traqué par les hommes de la compagnie Wardex, qui cherchent à récupérer ce qui lui a été dérobé, la preuve de l’existence d’une vie extraterrestre — dépeints exactement comme on les avait découverts dans Close Encounters of the Third Kind. Ce nouveau film pourrait même en être la suite, du moins logique.
Parallèlement à la fuite de Kellner, qui bénéficie de l’aide du mystérieux Hugo (solidement campé par Colman Domingo), chef d’une bande dont la mission est de lever le voile sur ce vieux secret d’État, on suit le destin de Margaret (Emily Blunt), météorologiste à l’antenne du bulletin de nouvelles d’une chaîne de Kansas City. Alors que Kellner se planque avec ses informations volées chez Wardex, Margaret voit surgir par la fenêtre un cardinal qui se pose sur la table de la cuisine. L’incident provoque en elle quelque chose d’étrange : tout de suite après, elle s’adresse à son copain, Jackson, en russe, une langue qu’elle n’a pourtant jamais apprise.Un jeu du chat et de la sourisOn devine assez tôt dans le film que les destins de Daniel et de Margaret sont liés et qu’inévitablement, tous deux seront pourchassés, ensemble, par les hommes de Wardex (qu’on apprendra être de mèche avec les services secrets et les forces armées) et leur chef, Noah Scanlon (Colin Firth, dans une performance étonnamment ordinaire). Ce jeu du chat et de la souris, ponctué par au moins une fameuse scène d’action (et quelques autres surnaturelles, un peu simplettes), durera un peu moins de deux heures et demie, ce qui laisse amplement de temps au spectateur pour qu’il trouve sa propre réponse à la question que pose en filigrane Spielberg : comment réagira l’humanité lorsqu’elle apprendra qu’elle n’est pas seule dans l’univers ?










