Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M Campus M Campus Justice Justice Justice Un agent administratif du CNRS a été condamné à 18 mois de prison, mardi 9 juin, pour des faits de voyeurisme à caractère sexuel à l’encontre de dizaines de scientifiques d’un laboratoire de recherche en biologie. Article réservé aux abonnés Au deuxième étage du Collège de France, camouflée dans un faux détecteur de fumée, une caméra a filmé pendant cinq ans des femmes lorsqu’elles étaient aux toilettes. Devant le juge du tribunal correctionnel de Paris, mardi 9 juin, Navy Kéo, agent administratif du CNRS, âgé de 53 ans, a tenté, en vain, de convaincre la cour que « [son] intention première n’était pas de capter l’intimité des femmes », qui sont, par ailleurs, ses collègues au sein du Centre interdisciplinaire de recherche en biologie (CIRB). Visé par 24 plaintes, il a été reconnu coupable des faits et condamné à la peine de 18 mois d’emprisonnement dont huit mois ferme, aménageables sous forme de bracelet électronique à domicile, et dix mois de sursis probatoire avec obligation de soins, obligation d’indemniser les victimes, interdiction de rentrer en contact avec les victimes et interdiction de se rendre au Collège de France. Le condamné, qualifié par le procureur de « collectionneur malsain à la personnalité inquiétante », a également l’interdiction définitive d’exercer un emploi dans la fonction publique. « Nos clientes ont vraiment la sensation d’avoir été entendues par la justice », a salué l’un de leurs avocats, Me Stéphane Levildier. C’est en juin 2021 que deux membres du laboratoire ont découvert le dispositif installé au plafond des toilettes. Le lendemain, la directrice du CIRB, Marie-Hélène Verlhac, portait plainte au commissariat des 5e et 6e arrondissements, suivie de 23 autres scientifiques, dont la neurobiologiste de l’Inserm, Armelle Rancillac. « Corbeau » Depuis 2019, Mme Rancillac était victime d’un espionnage voyeuriste après le piratage de son ordinateur dont s’était fait écho Libération en janvier 2023. Des photos privées ainsi que des documents médicaux avaient été envoyés par un « corbeau » par courrier postal à son entourage professionnel, dont les doctorants qu’elle encadrait. Entre 2016 et 2021, trois caméras avaient été installées à son insu sous et sur le côté de son bureau, l’autre étant embarquée dans un sac positionné de manière à filmer sous les jupes. Il vous reste 63.09% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Au Collège de France, un faux détecteur de fumée pour filmer les femmes aux toilettes
Un agent administratif du CNRS a été condamné à 18 mois de prison, mardi 9 juin, pour des faits de voyeurisme à caractère sexuel à l’encontre de dizaines de scientifiques d’un laboratoire de recherche en biologie.










