Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers Après un emportement public consternant, le protagoniste de ce roman entreprend une grande excursion au Deliorman, région naturelle du nord de la Bulgarie. Article réservé aux abonnés « Caravane pour corbeaux » (Kepah a apahu), d’Eminé Sadk, traduit du bulgare par Marie Vrinat, Agullo, 288 p., 20,90 €, numérique 13 €. Avant d’avoir goûté à l’ecstasy et fait une performance retransmise à la télévision, avant d’avoir croisé la route d’une Tsigane amoureuse, d’un pianiste turc et d’un lecteur de Kafka sorti de prison, Nikolaï Todorov était connu de tous comme Le Professeur. Ce n’est pas un compliment. Surnommé Nikolaïtcho par les habitants de son village – la vieille lelia (« tante ») Tinka, le Cordonnier, ou encore la Shérif tenancière du casino –, le protagoniste de Caravane pour corbeaux est, aux yeux de tous, un loseur. A 46 ans, il endort ses élèves pendant ses cours de géographie, n’a ni femme ni enfant, parle avec les chiens et porte des habits froissés. Pire, le jour où le Directeur organise une fête en son honneur, au rythme du khoro (danse traditionnelle) et des chants de soldats, Todorov boit, prononce un discours ravageur sur la mentalité de ses compatriotes, puis vomit tripes et boyaux. « Depuis des siècles, nous tenant par la main, nous frappons du pied de plus en plus profondément dans le même marigot. Tout tourne en rond. Traditions, camaraderie, unité, modèles trompeurs, semi-vérités sur notre semi-existence ! », hurle – ou croit hurler – Todorov. Ainsi s’ouvre le premier roman d’Eminé Sadk, grand succès en Bulgarie. Il vous reste 59.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Avec « Caravane pour corbeaux », l’écrivaine bulgare Eminé Sadk invite à une traversée mordante de son pays, entre döner et vodka
Après un emportement public consternant, le protagoniste de ce roman entreprend une grande excursion au Deliorman, région naturelle du nord de la Bulgarie.






