Publié le 08/06/2026 20:20

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Partout en France, des centaines de personnes se sont mobilisées pour dénoncer les défaillances de la justice face aux violences sexuelles faites aux enfants. De Paris à Auch, les manifestants ont réclamé une meilleure prise en compte de la parole des victimes et une réforme en profondeur du système judiciaire.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Une justice trop lente qui n'écouterait pas la parole des enfants. C'est ce que dénoncent les manifestants, venus ce lundi 8 juin devant le tribunal d'Auch. C'est dans ce département du Gers qu'a été tuée la petite Lyhanna. Les pancartes posées sur les grilles du tribunal disent la colère. "Déjà qu'on écoute les enfants, qu'on arrête de banaliser ces gestes-là", dénonce une manifestante. Une autre ajoute : "Je suis très en colère. Finalement, on aurait pu l'éviter."200 manifestations dans toute la France ont été organisées le 8 juin par des associations de protection de l'enfance et des collectifs féministes. À Paris, la foule et les pancartes parlent de la honte que leur inspire parfois le fonctionnement de la justice. Une participante raconte : "La parole des enfants est dite. Les enfants parlent, les femmes parlent, mais ils ne sont pas écoutés."Place Vendôme, devant le ministère de la Justice, le même dégoût. "On parle de dysfonctionnement, mais c'est le fonctionnement ordinaire de la justice. 73 % des affaires de viols sur enfants sont classées sans suite", estime une manifestante. Une autre ajoute : "Les victimes parlent, mais on ne les écoute pas. La plupart des agresseurs sexuels sont récidivistes. L'État doit faire face à ses responsabilités."À Toulouse, Montpellier, Lyon, Marseille et partout en France, une population en rupture de confiance avec les magistrats. À Poitiers, un groupe de femmes dont les enfants ont été victimes de pédocriminalité à l'école. Une mère de famille témoigne : "Ça peut arriver n'importe où. On est bien placées pour pouvoir le dire. On ne s'attend pas à ce que ça nous touche. Malheureusement, ça n'arrive pas qu'aux autres. Ça peut nous arriver à tous."Une mère et sa fille, qui a elle-même été victime d'une agression sexuelle. "J'espère qu'en tant que victimes, on sera enfin reconnues, que toutes ces affaires qui sont classées sans suite soient reconnues comme des injustices", confie la jeune femme.Ces associations demandent le vote d'une loi intégrale contre les violences sexuelles, un texte législatif qui protégerait globalement les enfants et les femmes.