Publié le 08/06/2026 14:42
Mis à jour le 08/06/2026 14:42
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A la suite des dysfonctionnements qui ont conduit à la mort de la petite Lyhanna, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, recevait ce lundi matin les procureurs généraux. Il s'est exprimé en conférence de presse, tandis que ce soir, partout en France, à l'appel de plusieurs collectifs, des rassemblements se tiendront en hommage à la collégienne.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Une réunion de crise et de travail convoquée par le ministre de la Justice. Lundi 8 juin, Gérald Darmanin serre les mains des procureurs et il demande à ces hommes et femmes une mobilisation générale, c'est-à-dire le traitement en urgence de l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants, soit 70 000. Il écarte l'idée d'une démission et dénonce de graves défaillances. "Lorsque nous n'avons pas su protéger par des systèmes défaillants, par une trop grande lenteur ou par la non-application de directives, pas su protéger des enfants, qui plus est, nous devons savoir le dire", a reconnu le ministre.Après la réunion, certains procureurs ne s'expriment pas. D'autres jugent cette rencontre constructive : "Nous avons déjà commencé à lancer la revue de ces plaintes-là", affirme Pascale Reitzel, procureure générale de Riom. Félix Astruc, procureur général de Dijon, ajoute : "Peut-être qu'il n'y a pas assez de moyens, et sans doute qu'il n'y a pas assez de moyens. Ce qu'il nous dit, c'est qu'avec les moyens que vous avez, je dirais, trouvez les moyens de faire un tri le plus pertinent possible."Ce qui concentre les critiques, c'est la lenteur avec laquelle a agi la justice. Car une autre plainte avait été déposée le 22 août 2025, à Plaisance-du-Touch. Une fillette de 10 ans, dit avoir été violée par Jérôme Barella. En août, l'enfant est entendue par les enquêteurs. Des examens médicaux confirment la présence de lésions. Pourtant, le 14 février, quand les gendarmes rendent compte de leurs investigations, ils n'ont toujours pas entendu le suspect. Il ne le sera pas avant le meurtre de Lyhanna. Plusieurs associations féministes et de protection de l'enfance dénoncent ces défaillances. Elles appellent ce soir à manifester devant le ministère de la Justice à Paris et devant une centaine de tribunaux. "Il y a une plainte en 2025, avec pourtant des faisceaux d'indices concordants qui font que la personne devrait être rapidement interpellée et qu'on soit en capacité de se dire, voilà, il faut éviter de mettre en danger d'autres enfants, et on ne le fait pas", déplore Arnaud Gallais, de l'association Mouv'Enfants.À Poitiers par exemple, dans la Vienne, des habitants disent qu'ils participeront ce soir à ces manifestations. "Plus on avance dans l'enquête, plus on apprend que cette personne était connue, qu'elle avait été signalée. Et c'est vrai que c'est difficilement compréhensible que des mois après ce genre de signalements, qui sont quand même extrêmement graves, il n'y a même pas une audition. On a du mal à comprendre ça, c'est clair", commente une riveraine.Le garde des Sceaux dit vouloir établir toute la vérité sur les défaillances dans l'affaire Lyhanna.












