Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Les Décodeurs Les Décodeurs Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Certains concepts, aujourd’hui largement utilisés dans les milieux masculinistes, sont directement inspirés de notions forgées par les féministes. Une lutte verbale servant à légitimer une supposée oppression des hommes par les femmes. Article réservé aux abonnés « Misandrie », « sexisme antihommes », « gynocratie »… A première vue, ces mots semblent plutôt inoffensifs. Après tout, si les femmes peuvent être victimes de misogynie, pourquoi les hommes ne pourraient-ils pas être la cible de misandrie ? Si la phallocratie existe, pourquoi pas la gynocratie ? Et si certaines femmes dénoncent le « mansplaining » – lorsqu’un homme explique de façon paternaliste à une femme un sujet qu’elle maîtrise déjà –, pourquoi ne pourrait-on pas parler de « womansplaining » ? Derrière cette logique en apparence imparable se cache pourtant une mécanique bien rodée. Forgés parfois plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, après les concepts féministes sur lesquels ils se calquent, ces termes sont indissociables de l’émergence des mouvements radicaux masculinistes. En reprenant le vocabulaire élaboré par les féministes, ces mouvements ont construit leurs propres grilles de lecture du monde et défendu l’idée qu’à chaque oppression dénoncée par les femmes correspondrait une oppression équivalente vécue par les hommes. Pour comprendre l’apparition de ces mots, il faut remonter aux années 1970. Alors que les mouvements féministes gagnent en visibilité, des groupes d’hommes émergent à leur tour. « Ce sont des hommes qui se définissent eux-mêmes comme proféministes, au départ », explique la sociologue québécoise Mélissa Blais, spécialiste de l’antiféminisme. Il vous reste 75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.