Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Économie Économie Économie Industrie Industrie Industrie A l’heure où licenciements et fermetures de sites se multiplient dans le secteur automobile, la défense, jadis montrée du doigt au nom de principes moraux, fait figure de nouvel eldorado pour les industriels comme pour leurs salariés. Article réservé aux abonnés En quelques années, c’est à un « changement total de paradigme » qu’a assisté Louis Pernat, président de HBP, petit groupe industriel de la vallée de l’Arve (130 salariés), en Haute-Savoie. « Il y a dix-quinze ans, le secteur de la défense paraissait peu porteur. Et nous étions parfois montrés du doigt pour y avoir une petite part de notre activité, surtout quand, comme nous, on se veut par ailleurs très engagé sur les questions de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). On nous disait : “Ce n’est pas très éthique”. Même les banques le voyaient d’un mauvais œil. Cela a complètement changé depuis la guerre en Ukraine. » Il le note d’abord à la sémantique : « On parlait plutôt d’armement, maintenant c’est la défense. » Lorsqu’il a commencé dans l’entreprise familiale en 1986, l’automobile représentait 60 % de l’activité. Ce n’est plus que 6 % aujourd’hui quand, dans le même temps, dans une stratégie de diversification, la défense est passée de 0 % à 15 %, avec une tendance à la hausse. Ce « changement de paradigme » résonne dans toutes les usines françaises. Et notamment dans l’automobile. A l’heure où licenciements et fermetures de sites s’y multiplient – le secteur a perdu un tiers de ses effectifs entre 2010 et 2023 –, il n’est pas un piquet de grève où des ouvriers ne confient pas leur espoir de voir leur entreprise décrocher des marchés dans la défense, nouvel eldorado pour les industriels comme pour leurs salariés. « Parce c’est l’un des rares secteurs où l’on peut se dire que l’activité ne sera jamais délocalisée, souligne Valentin Rodriguez, secrétaire général de FO Métallurgie. La France a compris qu’elle avait besoin de rester souveraine sur les compétences comme sur la supply chain [la chaîne logistique]. » Il vous reste 78.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.