Publié le 06/06/2026 10:52

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Thomas Vandeville, PDG de Meilleurtaux, est l'invité de "La Politique s'éclaire" de ce samedi 6 juin sur Franceinfo. Il revient notamment sur un sondage de Yougov pour Meilleurtaux qui met en lumière les défiances des Français vis-à-vis des systèmes publics.

Ce texte correspond à une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Thomas Vandeville, vous nous livrez en exclusivité un sondage réalisé pour vous par YouGov, riche d'enseignement justement pour la campagne présidentielle, une contribution sur les tendances sociétales et le rapport des Français aux institutions financières. Ce que dit le sondage de YouGov pour Meilleurtaux, c'est la défiance des Français vis-à-vis des systèmes publics. En quoi est-ce une préoccupation forte et comment ça se traduit ?Thomas Vandeville : Je ne sais pas si on peut dire de la défiance. En tout cas, c'est beaucoup de lucidité et un peu de pessimisme sur les services de protection sociale, sur tout ce que l'État-providence a inventé en 1945. On voit dans l'étude qu'on vient juste de produire que 75% des Français pensent que ces systèmes de protection sociale, donc l'assurance vieillesse, l'assurance chômage, l'assurance maladie, vont se dégrader dans les années qui viennent. Et c'est particulièrement frappant sur le système de retraite par répartition où 60% des Français pensent que ce système de retraite sera incapable de vraiment leur donner une protection suffisante.Cet enseignement majeur sur les retraites, seuls 38% des Français, le chiffre va s'afficher, ont confiance dans le système par répartition. Ça signifie qu'on arrive au bout d'un modèle là ?Oui, parce que le modèle qui a été conçu en 1945 a été conçu à un moment où la démographie était très différente, au moment où l'espérance de vie était à peine supérieure à l'âge de départ à la retraite et au moment où, par ailleurs, la natalité était très forte. On a beaucoup évolué depuis. Aujourd'hui, l'espérance de vie, c'est 20 ans de plus que l'âge de départ à la retraite. Et par ailleurs, le nombre d'actifs baisse et puis la natalité, vous le savez, baisse aussi énormément. Et donc, arithmétiquement, ce système ne tient plus. Quand on regarde les dernières projections du Conseil d'orientation des retraites, on se rend compte que les taux de remplacement vont encore perdre 10 points d'ici 2040. Le taux de remplacement, c'est quoi ?Ça signifie que la retraite va baisser ?Exactement. Ça signifie que le rapport entre la première pension de retraite et le dernier revenu d'activité baisse. Pour un salarié du privé, ce taux va passer à 60%. Pour un salarié du privé, ce sera une perte de revenu de 40% au moment du passage à la retraite. Pour un cadre du privé, ce sera une perte de 60% des revenus. Et pour un cadre dirigeant du privé, ce sera une perte de 70% des revenus.Donc on ne baisse pas les pensions de retraite, mais elles vont mécaniquement baisser.Oui, cet écart se creuse parce que l'indexation des retraites est plus faible que la hausse des salaires d'une manière générale et puis parce que le système ne tient plus. Donc les Français anticipent le fait que ce système ne sera plus capable de subvenir à leurs besoins, ceux qu'ils avaient et au rythme de vie qu'ils avaient avant la retraite.C'est ce qui explique aujourd'hui le très fort taux d'épargne. Je crois qu'on est autour de 19 %. Vous le voyez, vous le constatez, vous, chez Meilleurtaux, vous avez une partie effectivement de votre business qui est consacrée aux investissements et aux placements ?Vous avez raison, le taux d'épargne est à 20%, ce qui est quand même un taux extrêmement élevé. C'est le taux de Covid. C'est le taux du moment de Covid. Donc oui, on le sent tous les jours. On travaille beaucoup avec nos clients sur l'épargne. Et c'est pour ça qu'on a voulu faire cette étude. On sent depuis quatre, cinq ans une accélération du souci des Français de prendre en main leur avenir financier de manière extrêmement proactive. Donc, leur rapport, et c'est un vrai changement culturel, leur rapport avec l'État-providence change. Ils valorisent toujours cet État-providence, mais ils considèrent qu'il ne sera plus capable de jouer son rôle de manière aussi efficace que pour les générations d'avant. Et donc, ils s'y préparent. On sent vraiment une prise de responsabilité très forte des Français sur leur avenir financier parce qu'ils sont inquiets.Le débat présidentiel va aussi tourner autour de la capitalisation, puisqu'il y a au moins deux candidats qui y essaient, Gabriel Attal et Édouard Philippe. Est-ce que dans les faits, les Français font déjà une forme de capitalisation ?Ce terme de capitalisation est toujours un peu polémique. Nous, ce qu'on constate, c'est une préparation à la retraite par l'épargne, tout simplement. D'abord par l'assurance-vie. Le taux d'épargne augmente énormément. Vous voyez, des produits comme le plan d'épargne retraite, c'est un produit qui connaît un énorme succès. Il y a déjà 150 milliards d'euros d'encours et des millions de Français qui ont souscrit. C'est un très bon produit avec des avantages fiscaux très intéressants et donc énormément de Français s'y préparent proactivement.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.