Qualifiée pour la Coupe du monde de soccer, l’équipe masculine d’Haïti a une symbolique très forte pour le pays, aux prises avec une triple crise politique, sécuritaire et humanitaire. Dans un pays divisé, ce sport rassemble les gens autour d’un téléviseur, d’une radio ou lors d’un match informel dans la rue, entre deux alertes.
Drapeaux, écharpes, casquettes… À Port-au-Prince, dans le quartier de Canapé-Vert, les marchands ambulants comme Solène ont sorti tous les équipements pour les partisans de l’équipe nationale, les Grenadiers, qui se sont qualifiés pour la deuxième fois de leur histoire. « Je compte sur la Coupe du monde de soccer pour vendre beaucoup plus que d’habitude », dit avec un sourire malicieux la femme devant son kiosque sur le bord de la route. À côté des bracelets aux couleurs du drapeau bleu et rouge, elle raconte : « Haïti sera champion ! Je vais suivre les matchs avec attention. »« Toujours à fond », même sans électricitéDepuis 2021 et l’assassinat du président Jovenel Moïse, la capitale est contrôlée à 80 % par des gangs. Même le complexe Sylvio-Cator, principal stade du pays, se trouve dans une zone qui échappe à l’État. Malgré les violences et les coupures d’électricité quotidiennes, la ferveur suscitée par la sélection nationale semble avoir gagné une bonne partie de la ville.














