Pour les militants libéraux de longue date, l’Estrie rappelle des « années dorées, de pouvoir ». Pour les plus jeunes, la région est un baromètre « qui fait et défait les gouvernements ». Le Parti libéral du Québec (PLQ) tient en fin de semaine son conseil général à Sherbrooke. Repart-il à la conquête de ce territoire perdu ?« Pour savoir si le PLQ est sur la bonne track, il faut qu’il ait l’Estrie », résume un libéral. Un ex-stratège, qui a travaillé de près avec Jean Charest du temps où il était chef, compare quant à lui la région de l’Estrie aux swing states, ces États pivots et cruciaux pour une victoire à la présidentielle américaine.À partir de 2003, les circonscriptions de Saint-François et d’Orford ont le plus souvent voté « du bon bord » : celui du pouvoir. Sherbrooke aussi, sauf que son allégeance à la députée de Québec solidaire (QS) Christine Labrie, depuis 2018, fait figure d’exception.Dans le portrait estrien, seule Granby fait vraiment bande à part, puisque le caquiste François Bonnardel y est élu depuis 2012. Brome-Missisquoi et Richmond étaient peintes en rouge à compter des années 1980 ; Mégantic, libérale depuis 2012, au premier scrutin où elle était sur la carte électorale. À partir de 2018, ces circonscriptions ont toutes laissé tomber le PLQ au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ).« En 2018, on a perdu. Mais en 2022, on a été punis dans certaines régions du Québec », fait remarquer en entrevue au Devoir le chef du PLQ, Charles Milliard.
L’Estrie est-elle vraiment «au cœur de la reconquête» libérale ?
L’Estrie a déjà été peinte en rouge; les libéraux espèrent y faire un retour en force.







