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Beauregard: La CAQ a gagné la bataille des idées, mais perdu ses électeursLa coalition de François Legault n’est pas parvenue à réaliser toutes ses promesses nationalistes de centre droit. D’autres partis profitent maintenant de ces espoirs déçusLast updated 24 minutes ago You can save this article by registering for free here. Or sign-in if you have an account.A voter drops a ballot into a box at the Church of Saint Andrew and Saint Paul during Quebec's provincial elections in Montreal, Quebec, Canada, on Photo by ALEXIS AUBIN/AFP via Getty Images.Lisez la version anglaise de cette chronique ici. Enjoy the latest local, national and international news.Exclusive articles by Conrad Black, Barbara Kay and others. Plus, special edition NP Platformed and First Reading newsletters and virtual events.Unlimited online access to National Post.National Post ePaper, an electronic replica of the print edition to view on any device, share and comment on.Daily puzzles including the New York Times Crossword.Support local journalism.Enjoy the latest local, national and international news.Exclusive articles by Conrad Black, Barbara Kay and others. 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Ce rassemblement d’ex-péquistes, libéraux et adéquistes promettait de réformer le modèle québécois et de défendre l’identité québécoise, au-delà des anciens clivages entre fédéralistes et souverainistes. Presque huit ans plus tard, Legault n’est plus premier ministre, et son parti est troisième dans les sondages, mais le nationalisme de centre-droit est plus populaire que jamais au Québec.Que s’est-il passé? Les attentes envers ce nouveau gouvernement, qui promettait de casser les codes pour faire plus et faire mieux, étaient élevées. Cela explique sans doute pourquoi la déception fut d’autant plus brutale durant son second mandat.This newsletter from NP Comment tackles the topics you care about. (Subscriber-exclusive edition on Fridays)By signing up you consent to receive the above newsletter from Postmedia Network Inc.We encountered an issue signing you up. Please try againL’attrait réformateur de la CAQ venait historiquement de sa posture critique face à la social-démocratie québécoise, qu’elle promettait de rénover. Au pouvoir, la CAQ a baissé l’impôt sur le revenu, la taxe scolaire et plafonné la hausse des tarifs étatiques à 3 pour cent par année, freinant la capture toujours plus importante des revenus des contribuables. Mais les changements structurels promis ne sont pas venus.Au contraire, le gouvernement a frappé un mur de par son refus de remettre en cause l’approche interventionniste en vigueur depuis la Révolution tranquille. En voulant choisir des gagnants et miser gros sur la filière batterie, la CAQ a fait des investissements impopulaires dans des compagnies comme Northvolt et Autobus Lion, qui ont ensuite sombré. Bien qu’ils ne soient pas représentatifs de l’ensemble, ces cas sont devenus des symboles des excès d’implication de l’État dans l’économie. Additionnés à des déficits importants et une hausse des effectifs de la fonction publique, ils ont créé une véritable demande politique pour réduire la taille du gouvernement québécois.En matière d’identité, la CAQ avait choqué les bien-pensants en 2018 en dénonçant des seuils d’immigration trop élevés et en promettant d’en réduire le nombre, ce qu’aucun parti de gouvernement n’avait fait de mémoire récente. Dans son premier mandat, la loi 21 sur la laïcité de l’État et la loi 96 sur la protection du français, quoi qu’on puisse en penser, ont redonné une dynamique au nationalisme québécois et montré que l’affirmation identitaire demeurait possible dans le cul-de-sac constitutionnel actuel.En immigration, le portrait est plus contrasté. Alors que les seuils permanents sont demeurés bas, l’immigration temporaire a explosé, passant d’environ 150 000 en 2018 à plus de 500 000 en 2026. Si le gouvernement fédéral, particulièrement sous Justin Trudeau, partage la responsabilité de cet échec, cette augmentation drastique de l’immigration a attiré son lot de critiques, notamment chez les nationalistes qui ont voté à deux reprises pour la CAQ dans l’espoir de réduire les arrivées au Québec, sans succès.Le parti se trouve donc aujourd’hui face à un curieux paradoxe. Ses idées plus à droite, que les médias décrivaient comme corrosives en 2018, sont désormais plus populaires que jamais…partiellement en raison de ses difficultés à les mettre en application. Huit ans plus tard, la Coalition Avenir Québec est parvenue à créer une demande politique pour un nationalisme de centre-droit, mais elle n’en récolte pas les fruits.Le Parti québécois, presque mort après 2018, a fait le plein des déçus du nationalisme caquiste, au point où il aspire maintenant à prendre le pouvoir. Le Parti conservateur du Québec, qui récoltait 1,5 pour cent du vote en 2018, est devenu un acteur politique incontournable sous le leadership d’Éric Duhaime et rallie maintenant 13 pour cent des électeurs, dont bon nombre d’ex-électeurs caquistes désirant réformer le modèle québécois. Quiconque prend le pouls des médias sociaux québécois verra également que le nationalisme et la droite économique y ont le vent en poupe, et attirent un grand soutien organique.Le drame de la CAQ est donc que malgré la victoire de ses idées, qui sont désormais au cœur du débat public, elle semble avoir perdu sa base électorale. À l’instar d’Emmanuel Macron en France, qui promettait lui aussi de transcender les clivages partisans d’hier, elle découvre qu’un parti qui ne s’appuie pas sur une mouvance idéologique campée risque de couler à pic lorsque d’autres options plus affirmées arrivent sur le marché.Lors de la course à la chefferie qui a suivi le départ de François Legault, les militants ont pourtant eu le choix de faire un virage plus idéologique et affirmé avec la candidature de Bernard Drainville, qui proposait notamment de mettre fin à la permanence d’emploi dans la fonction publique et de couper le panier de services offert aux demandeurs d’asile. Ils lui ont préféré Christine Fréchette, qui incarne une forme de progressisme managérial proche de celui de Mark Carney, comme l’ont noté les commentateurs1.Alors qu’elle était parvenue en 2018 à faire la synthèse entre nationalisme identitaire et centre-droit économique, la coalition imaginée par François Legault semble plus écartelée que jamais. Pourtant, dans un Québec structurellement de gauche depuis 1960, dont le modèle montre chaque jour son obsolescence, ce rassemblement des électeurs « bleus » demeure le chemin le plus à même d’assurer la prospérité et l’avenir du seul État francophone d’Amérique du Nord. Alors que l’air du temps pointe vers des réformes nationalistes et de centre-droit, le chef politique qui parviendra à recréer cette coalition sera celui qui sortira le Québec de l’impasse.National PostÉtienne-Alexandre Beauregard est essayiste et chercheur à l’Institut Cardus. Entre 2022 et 2025, il a travaillé comme rédacteur des discours et conseiller à la planification stratégique au cabinet du premier ministre du Québec. Son dernier essai, Anti-Civilisation: Pourquoi nos sociétés s’effondrent de l’intérieur, est paru en 2025 aux Presses de la Cité. Join the Conversation This website uses cookies to personalize your content (including ads), and allows us to analyze our traffic. Read more about cookies here. 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