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Publié le 06 juin 2026 à 05:30.

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«Tout peut arriver dans le football!» répétait Lilian Thuram à Bébert, le masseur des Bleus (et des bleus), dans le documentaire Les Yeux dans les Bleus, sur les coulisses du titre mondial de 1998. Thuram, défenseur, n’avait jamais marqué avec l’équipe de France, et ne marquerait jamais plus en 142 sélections, mais il venait de réussir un doublé en demi-finale de Coupe du monde. Dans ce milieu-là, on se surprend à n’être jamais surpris, jamais vraiment… Parce que tout peut arriver dans le football. Personne, pourtant, n’avait vu venir ce qui s’annonce, du 11 juin au 19 juillet: une Coupe du monde d’un genre nouveau, un mastodonte à 48 équipes (au lieu de 32) et 104 matchs (au lieu de 64) répartis sur trois pays – Canada, Etats-Unis et Mexique – et quatre fuseaux horaires. Cela va nous occuper jusqu’au 19 juillet, en soirée et la nuit dans la très grande majorité des cas.Personne ne sait trop ce que va donner une compétition plus longue d’un match et d’une semaine et où les contraintes climatiques (chaleur, humidité, orages) seront sans doute plus redoutables parfois que certains adversaires. De grands doutes subsistent également quant au succès populaire de la compétition, qui se déroulera essentiellement sur sol américain. La première incursion du soccer aux Etats-Unis, en 1994, détient toujours, trente-deux ans plus tard, le record du nombre de spectateurs pour une Coupe du monde. Ce n’est plus le même monde, les supporters de certains pays sont fortement découragés à voyager; ce n’est plus la même Amérique, qui a perdu sa part de fascination; ce n’est plus le même football, qu’il faut par la contrainte rappeler à ses origines populaires.Pourtant, la FIFA vend du rêve, avec la participation de petits pays de football, comme Haïti ou l’Irak, et d’autres qui participent pour la première fois, tels Curaçao, l’Ouzbékistan, le Cap-Vert et la Jordanie. De belles histoires, que Gianni Infantino, le président de la FIFA, découpe en tranches pour mieux les monétiser. Le prix des billets est presque totalement dérégulé, leur revente est autorisée, il y aura un grand concert à la mi-temps de la finale et une «pause fraîcheur» à la moitié de chaque mi-temps, afin de vendre plus de pub.Et ce n’est qu’un début! La prochaine édition, en 2030, se disputera sur trois continents: Amérique (Argentine, Uruguay, Paraguay), Afrique (Maroc) et Europe (Espagne et Portugal). La suivante, en 2034, confiée par un tour de passe-passe à l’Arabie saoudite, pourrait accueillir 64 équipes (30% des 211 membres de la FIFA!), à moins que cela ne soit déjà le cas en 2030. Rien n’est impossible à Gianni Infantino, qui se voit en chef d’Etat mais qui agit en patron de multinationale, affairé à générer toujours plus d’argent. En attendant les premiers matchs, on se demande ce que le football a à y gagner…