Publié le 05/06/2026 21:13
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Cassiopée, logiciel central du système judiciaire français, est au cœur de critiques dans l’affaire Lyhanna. Entre saturation des dossiers, critères de priorité discutés et outils jugés obsolètes, des magistrats alertent sur les limites d’un système censé fluidifier le traitement des procédures.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Il a longtemps été présenté comme le logiciel censé accélérer les procédures judiciaires. Cassiopée, c'est son nom, est aujourd'hui au cœur des interrogations sur les dysfonctionnements dans l'affaire Lyhanna.De quoi s'agit-il ? Lorsqu'une plainte est déposée à la police ou à la gendarmerie, elle est ensuite transmise, dans les semaines ou les mois qui suivent, au parquet. C'est à ce moment-là que les informations du dossier sont rentrées dans le logiciel Cassiopée. Il est accessible à tous les magistrats et c'est grâce à cet outil qu'ils vont trouver pour chacune des affaires : états civils, coordonnées et surtout les suites données à l'affaire. "Toute procédure judiciaire, quelle que soit l'issue de cette procédure judiciaire, apparaît dans le logiciel métier Cassiopée, que ça donne l'objet d'un classement sans suite, de poursuite ou éventuellement de la continuation d'une enquête" explique Sasha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice. »En théorie, le nom de Jérôme Barella devrait donc y apparaître plusieurs fois. Est-ce suffisant pour faire de son cas une priorité ? Oui, selon les magistrats, mais des profils comme le sien, il en existe des milliers. Manon Lefebvre, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature précise : "Vraiment, des profils avec plusieurs procédures classées ou non classées, des procédures en cours ailleurs, ce n'est absolument pas exceptionnel. La masse est telle qu'on doit, tristement, faire cette hiérarchie de l'urgence."Autre explication possible, les antécédents d'un suspect ne sont pas forcément le premier critère retenu pour faire d'un dossier une priorité. "L'un des critères qui fait que l'affaire est prioritaire, c'est de savoir s'il y a encore un contact entre l'auteur et la victime, c'est le critère qui est le plus utilisé, notamment dans les affaires intra-familiales" souligne Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'Union Syndicale des Magistrats.Enfin, certains magistrats pointent du doigt l'obsolescence du logiciel créé en 2008 et le manque de moyens humains pour l'exploiter correctement.














