« Nous ne sommes pas des rock stars, mais des jukebox humains », se fait dire Rick Power, chanteur de noces de son état, après avoir terminé un tour de chant (fait de Celebration de Kool & The Gang et autres succès festifs) par une de ses compositions, tirée du répertoire qui fut le sien. Autrefois. Avant qu’il ne s’arrache des États-Unis et ne plante ses racines en Irlande, préférant le (grand) amour à la (possible) gloire.Survient ce mariage opulent, dans un château. Parmi les invités, Danny Wilson. Il était membre d’un boy band, il cherche aujourd’hui sa voie et sa voix pour amorcer sa carrière solo. Ça clique entre les deux artistes, ils terminent la soirée à improviser dans la suite du plus jeune (l’autre ayant droit à un dortoir avec son groupe). Rick, au piano, interprète une amorce de chanson jamais terminée, How to Write a Song Without You (alerte au ver d’oreille)… qu’il entend, six mois plus tard, à la radio. Interprétée par Danny. Il se l’est appropriée. La colère gronde. Le sentiment de trahison. Les tourments de la victime d’un vol. Rick Power monte donc au front pour récupérer les droits de cette « power ballad » (on note le double sens du titre).
On ne vantera jamais assez les vertus de la sincérité. C’est ce qui distingue le touchant et très juste Power Ballad de John Carney (qui en a coécrit le scénario avec Peter McDonald) de toute autre mièvrerie qu’aurait pu inspirer ce point de départ. Difficile de s’en étonner (même si un faux pas est si vite arrivé) de la part de l’homme derrière les formidables Once et Sing Street, qui mêle comme pas un les (grandes) aspirations musicales au quotidien modeste de Dublin, qui tricote avec le fil des collaborations musicales improbables, arrivant chaque fois avec un motif différent.Chanteur et charmeIl y a, dans cette comédie dramatique qui exige de laisser le cynisme à l’entrée du cinéma, beaucoup de cœur. De la vérité. De l’humanité. De tubes. Oh, et de charme ! Avec Paul Rudd (l’homme qui a trouvé la fontaine de Jouvence) en tête de distribution, difficile de faire autrement. Il en a en fait pour deux, ce qui donne une poussée vers le haut au jeu de son vis-à-vis, Nick Jonas (anciennement des Jonas Brothers, dont il était le plus jeune élément).














