Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Italie Italie Italie Tribune Sofia Ventura Politiste Alors que l’activisme médiatique de la chroniqueuse pro-Kremlin fait scandale en France, la politiste transalpine Sofia Ventura constate, dans une tribune au « Monde », que la propagande en faveur du pouvoir russe est beaucoup plus infiltrée et peu critiquée en Italie. Publié aujourd’hui à 15h12 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le cas Xenia Fedorova, qui suscite en France une vive controverse, est particulièrement intéressant vu d’Italie, où la propagande russe sur l’agression contre l’Ukraine circule avec une étonnante facilité dans l’espace médiatique et culturel. Mais les formes de cette pénétration diffèrent sensiblement. Le discours favorable au Kremlin est en Italie beaucoup plus diffus et hétérogène. Il ne passe pas seulement par des propagandistes identifiables, mais aussi par des éditorialistes, des journalistes, des universitaires et d’anciens diplomates. Nous assistons à une pénétration capillaire, dans laquelle des figures perçues comme faisant autorité trouvent un large espace. Leurs positions s’accompagnent presque toujours de formules de prudence. On reconnaît que la Russie a agressé l’Ukraine ; on admet que le peuple ukrainien souffre. Mais l’on avance ensuite des arguments qui délégitiment l’Ukraine et atténuent la responsabilité russe. Dans les versions les plus respectables, les accusations de « nazisme » sont évitées. On insiste plutôt sur l’idée que la Russie serait impossible à vaincre ; on met en doute la qualité démocratique de l’Ukraine ; on souligne la corruption ; on invoque l’absence d’élections. Dans les deux pays, la diffusion de ces discours est politiquement transversale. Si l’on s’en tient toutefois au système médiatique, le cas Xenia Fedorova indique, en France, une pénétration surtout visible dans l’écosystème Vivendi-Bolloré. En Italie, cette pénétration est plus dispersée : plus forte dans certaines chaînes privées, mais présente aussi dans l’audiovisuel public ; évidente dans des titres liés à des positions extrêmes ou antisystème, mais audible également dans de grands journaux généralistes. Cette propagande ne provoque pas en Italie une indignation comparable. Peu de personnalités publiques ou responsables politiques dénoncent clairement un discours aussi indulgent envers Moscou. L’exception la plus importante demeure le président de la République, Sergio Mattarella, ainsi que quelques représentants du centre et de la gauche réformiste. Il vous reste 65.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.