Du démarcheur ambulant, on a l’image de celui ou celle qui bloque une porte avec son pied pour vendre son produit à tout prix. « C’est un cliché. Si je fais ça, c’est foutu, les gens appellent la police direct ! », s’amuse Amin, 19 ans. Ce mardi après-midi, dans une rue pavillonnaire de Seine-Saint-Denis, le jeune homme enchaîne les refus : un homme est « en télétravail, les réunions s’enchaînent » ; une vieille dame ne fait « plus confiance aux démarcheurs » ; une femme au foyer écoute attentivement les arguments du vendeur et va prendre le temps d’y réfléchir. « Tout ça pour ça, c’est trop frustrant, s’impatiente Amin. J’ai besoin d’une pause clope, c’est vraiment pas mon jour. »