Publié le 02/06/2026 13:29

Temps de lecture : 1min - vidéo : 2min

A Grenoble, en Isère, un nouveau cap a été franchi par les dealers. Des offres d'emploi sont maintenant affichées sur les murs d'un quartier du centre-ville pour recruter des petites mains. Tarif affiché : 300 euros la journée pour un vendeur. Reportage sur place.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Un personnage tout droit sorti d'un jeu de Monopoly, et à côté, des offres de rémunération. De 300 euros par jour pour un vendeur à 150 euros pour un guetteur. Même les horaires de travail sont affichés. Les habitants du quartier de Grenoble (Isère) découvrent depuis quelques jours cette curieuse campagne de recrutement, entre indignation et stupeur."Je suis abasourdi de voir un truc comme ça en pleine ville", confie un riverain, sidéré. "C'est une campagne de recrutement, comme des entreprises peuvent le faire. De toute façon, il faut les considérer comme ça", pointe un autre. "Ça mène à quoi ? Ça mène après à être tué un jour dans une rue fortuitement. Voilà, c'est ça, le projet de vie ?", regrette une passante.Le quartier concerné est situé en plein centre-ville de Grenoble. Le lieu est connu pour être l'un des points de deal de la ville. Sur les murs, on trouve aussi un affichage précis des prix des stupéfiants proposés à la vente. "Je suis vraiment choquée. Depuis peu, ça doit faire 15 jours que c'est comme ça. Vous avez vu comme c'est affiché ? On a l'impression d'être dans une supérette", s'étonne une femme.Il y a deux ans, ici même, un jeune de 15 ans avait été tué par balle. Et en avril dernier, toujours au même endroit, un homme de 27 ans a trouvé la mort après des tirs. C'est dans ce contexte que sont apparues les fresques provocatrices ces derniers jours. "On franchit encore un nouveau cap inquiétant dans la structuration, la banalisation du trafic de stupéfiants à Grenoble. J'ai envie de vous dire, faire un affichage public maintenant, un appel d’offres pour des recrutements, montre bien que les réseaux cherchent à recruter parmi la population la plus jeune", constate Alberto Randazzo, délégué Isère du syndicat Alliance Police nationale.Une communication qui met en avant l'argent facile. Depuis le début de l'année, à Grenoble et son agglomération, dix hommes ont été tués sur fond de guerre de territoire entre trafiquants.