Publié le 05/06/2026 08:57

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Dans un contexte de tension entre Paris et Tel-Aviv, Joshua Zarka, l'ambassadeur d'Israël en France, a accepté de répondre aux questions de Tristan Waleckx. Voici son interview, diffusée dans "Complément d'enquête" après un document intitulé "Proche-Orient : la guerre contre l’info".

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Tristan Waleckx : On est de retour à Paris, à l'ambassade d'Israël, avec vous, Joshua Zarka. Bonsoir, merci beaucoup de nous recevoir pour cet entretien exceptionnel, alors que la France semble durcir le ton à l'égard de votre pays. On va revenir dans un instant sur cette actualité très chargée. Mais tout d'abord, une question simple, Monsieur l'ambassadeur. Est-ce que votre armée, Tsahal, mène une guerre contre l'information ?Joshua Zarka : Non, bien sûr que non. Ce n'est pas une guerre contre l'information. Il y a un problème pour avoir la bonne information. Souvent, il y a une tendance... chez certains médias, je dirais occidentaux, à accepter la position, le narratif, je dirais même, du Hamas ou bien du Hezbollah, plutôt que d'accepter ce qui est dit, ce qui est présenté par une armée...Il y a une réalité, quand même : des centaines de journalistes qui ont été tués à Gaza par l'armée israélienne... Deux cent vingt personnes qui portaient le gilet de presse. D'abord, n'oublions pas, ça fait trois ans que nous sommes en guerre, dans une guerre la plus terrible que mon pays ait connue. Mais nous sommes dans une guerre qui nous a été imposée. N'oublions pas, c'est une guerre qui nous a été imposée par le Hamas le 7 octobre, quand ils ont fait un massacre, le plus terrible depuis la Shoah contre des juifs. Et ensuite, quand le 8 octobre 2023, le Hezbollah, au Liban, a décidé de se joindre à cette attaque, le lendemain. Donc, quand on regarde ce qui s'est fait, malheureusement, cette erreur qui a eu lieu au sud du Liban le 13 octobre, si je ne me trompe, 2023, quand un journaliste a été tué et une autre journaliste a perdu sa jambe, nous étions attaqués par le Hezbollah.Justement, ce sont des images qu'on a vues en début de reportage, il y a eu manifestement un ciblage de ces journalistes puisque c'est un groupe de sept reporters qui travaillent pour des médias occidentaux, Reuters et l'Agence France-Presse, avec ces deux explosions à 37 secondes d'intervalle.Et comme je vous le disais, c'est un fait qui a été vérifié par l'armée, et c'est une erreur. C'est une erreur, clairement. Ils n'étaient pas ciblés parce qu'ils étaient des journalistes, ils étaient ciblés parce que les soldats sur place pensaient que c'étaient des terroristes.Ils avaient leur gilet pare-balles avec marqué "Presse", le casque, ils étaient identifiés comme tels...On a trouvé dans les tunnels du Hamas et dans les tunnels du Hezbollah des dizaines et des dizaines de gilets sur lesquels il y avait écrit "Presse".Donc, c'est une bavure, ça ? Oui, on l'a dit d'une façon très claire. L'armée l'a dit d'une façon très claire, on le sait.Mais il n'y a pas eu d'excuses des autorités israéliennes ? Nous avons vu que le Hezbollah, autant que le Hamas, utilise la presse, les journalistes comme couverture.Vous regrettez ce qui s'est passé en octobre 2023 ? Chaque mort de personnes innocentes, oui, est regrettée. Mais nous avons dit d'une façon très claire qu'ils n'étaient pas ciblés parce que journalistes, mais c'était une erreur.Il y a aussi des journalistes locaux qui semblent avoir été visés. On a interrogé Islam Idhair, ce journaliste gazaoui qui a perdu ses quatre enfants. Écoutez-le.Islam Idhair : Est-ce qu'ils peuvent présenter des justifications pour l'assassinat de 260 journalistes palestiniens dans la bande de Gaza avec leur famille ? Moi, je m'en fous du Hamas, je suis tout à fait contre. Et après, ils disent : "On est en train d'éradiquer le mouvement du Hamas." Ah non, ils sont en train d'éradiquer le peuple palestinien.Lui, il dit "260 journalistes tués dans la bande de Gaza", il s'appuie sur les chiffres de l'ONU.Mais parmi ce nombre, nous avons identifié 157 journalistes soi-disant, qui étaient membres du Hamas, qui participaient au Hamas, qui étaient membres de cette organisation terroriste.Il y en aurait quand même une centaine qui n'ont aucun lien avec le Hamas...Vous savez, il y a des victimes qui sont le résultat de... qui sont un prix collatéral. Cette chose est horrible, mais n'oublions pas, nous sommes dans une guerre, une guerre qui est très difficile. Nous n'avons jamais eu un conflit de cette taille. Nous n'avons jamais eu un conflit qui a duré pendant trois ans contre une... pas contre une population, mais contre une organisation terroriste, deux organisations terroristes qui se cachaient sous la population, sous la population de ces villes.Est-ce qu'il peut y avoir une confusion entre les cibles : le Hamas et la population civile ?Non seulement cela, mais ils utilisent tout ce qui est civil comme bouclier, que ce soit les écoles, que ce soit les hôpitaux, que ce soit les jardins d'enfants et que ce soit les journalistes. Le Hamas et le Hezbollah utilisent les journalistes et les gilets de presse comme, justement, des boucliers, que ce soit des boucliers humains ou bien des boucliers de propagande.Est-ce que cibler, tuer des journalistes, c'est un crime de guerre ?Cibler des journalistes en le faisant exprès parce qu'ils sont journalistes, est interdit. En tout cas, certainement interdit par la loi israélienne.(...)Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview diffusée dans "Complément d'enquête" le 4 juin 2026, à la suite de "Proche-Orient : la guerre contre l'info".Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.